Ancien directeur général du Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), Serge Gabriel Collin a été officiellement installé comme ministre de l’Économie et des Finances (MEF) lors d’une cérémonie marquée par la solennité et un discours axé sur la rigueur budgétaire. Il prend les rênes de l’institution dans un environnement économique fragilisé par plusieurs années de récession et une crise sécuritaire persistante.
La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, avant les interventions officielles. Le directeur général du MEF, Bouco Jean-Jacques, a présenté cette transition comme un acte de continuité administrative, soulignant la portée institutionnelle de la passation. Il a assuré que le personnel du ministère se tiendra aux côtés du nouveau titulaire pour mettre en œuvre les priorités gouvernementales et renforcer la gouvernance financière.
L’installation officielle a été présidée par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Patrick Pélissier, assurant l’intérim à la Primature. Dans son allocution, il a décrit un contexte économique « difficile », évoquant plus de cinq années de récession, une contraction du produit intérieur brut et une détérioration continue du climat sécuritaire. Il a insisté sur l’impératif d’une gestion efficiente des ressources publiques, appelant à orienter chaque décision financière vers l’intérêt général.
Le ministre intérimaire a également rappelé les grandes priorités de l’exécutif : le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’élections crédibles et la relance de l’économie. L’ampliation de l’arrêté de nomination a ensuite été lue avant d’être remise officiellement au nouveau ministre.
Prenant la parole, Serge Gabriel Collin a affirmé assumer ses fonctions « avec humilité et détermination ». Dressant un diagnostic sans complaisance de la conjoncture, il a évoqué une inflation élevée, un ralentissement de l’activité économique et une pression accrue sur les finances publiques.
Le nouveau ministre a articulé sa feuille de route autour de trois axes : la mobilisation accrue des ressources internes, un meilleur pilotage des dépenses publiques et la modernisation des administrations fiscale et douanière. Il a insisté sur la nécessité de préserver la stabilité macroéconomique, mettant en garde contre un recours excessif au financement monétaire, susceptible selon lui d’alimenter l’inflation et d’accélérer la dépréciation de la gourde. S’appuyant sur des données récentes, il a indiqué que le taux d’inflation a atteint 25 % en 2025, tandis que les recettes publiques ont progressé de 8 % et les dépenses de 44 %. Une dynamique qu’il juge préoccupante pour l’équilibre budgétaire.
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