À l’ONU, Sandra Paulemon appelle à une mobilisation mondiale pour une paix durable en Haïti

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La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dr Sandra Paulemon, a lancé un vibrant appel à la communauté internationale en faveur d’un engagement renforcé pour la paix en Haïti, à l’occasion de la session annuelle de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies. Intervenant au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la ministre a dressé le tableau d’un pays confronté à une crise multidimensionnelle, tout en affirmant que la paix ne peut être obtenue uniquement par des mesures sécuritaires.

« La sécurité est indispensable. Mais elle ne suffira pas », a déclaré Mme Paulemon, estimant qu’elle doit être accompagnée par la justice, la création d’emplois pour les jeunes, la protection des femmes, le retour progressif de l’État dans les territoires affectés et le rétablissement de la confiance entre les citoyens et les institutions. La ministre a salué la récente visite en Haïti du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, qu’elle a remercié d’avoir rappelé à la communauté internationale que le pays « ne doit pas être oublié ». Selon elle, cette visite a permis de mettre en lumière les réalités humaines qui se cachent derrière les statistiques de la crise.

Pour illustrer son propos, Sandra Paulemon a évoqué le parcours d’une jeune fille victime de violences sexuelles qui, après avoir vu sa scolarité interrompue par l’insécurité, accompagne aujourd’hui d’autres survivantes. Elle a également raconté l’histoire d’un adolescent recruté par un gang, mais réinséré grâce à un programme de réhabilitation et désormais engagé dans une formation professionnelle. Ces exemples démontrent, selon la ministre, que les victimes peuvent reconstruire leur vie et que les jeunes exposés à la violence peuvent devenir des acteurs de paix lorsqu’ils bénéficient d’opportunités.

Plaidant pour une réponse globale à la crise haïtienne, Mme Paulemon a défendu une approche intégrée associant action humanitaire, consolidation de la paix et développement. « Lorsque l’aide humanitaire sauve des vies, que la consolidation de la paix restaure la confiance et que le développement crée des opportunités, alors nous créons les conditions d’une stabilité véritable », a-t-elle affirmé. La ministre a également renouvelé la reconnaissance du gouvernement haïtien envers la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF), rappelant que plus de 50 millions de dollars américains ont déjà été investis en Haïti pour soutenir le renforcement des capacités de l’État, les programmes de désarmement, démantèlement, réinsertion et réduction de la violence communautaire (DDR-RVC), la mise en œuvre de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que la réhabilitation d’infrastructures communautaires. Elle a indiqué que les autorités haïtiennes souhaitent désormais poursuivre cette coopération autour de trois axes prioritaires : la protection des femmes et des filles, l’accompagnement des jeunes à travers des alternatives à la violence et l’accélération de la stabilisation des communautés.

En conclusion, Sandra Paulemon a insisté sur le fait qu’Haïti ne sollicite « ni la charité, ni la compassion, ni la pitié », mais le soutien nécessaire pour construire une paix durable. « Chaque fille protégée est une victoire pour la paix. Chaque jeune qui trouve un emploi est une victoire pour la paix. Et chaque fois que nous transformons une histoire de peur en histoire d’espoir, nous faisons avancer l’humanité tout entière », a-t-elle déclaré devant les représentants des États membres des Nations Unies.

Bernadin Jules
Journaliste- Rédacteur, avocat et éducateur haïtien. 📩 Email: bernadinjules@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @bernadinjules24

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