Incendie d’un blindé, policiers blessés à Kenscoff… entre-temps, Vladimir Paraison fait du théâtre

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À Kenscoff, une opération policière a tourné au drame. Un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (PNH) a été incendié et plusieurs policiers ont été blessés. La population, une fois de plus, se retrouve face à une réalité devenue presque banale : des agents de l’État pris pour cibles, des moyens matériels détruits et une institution qui peine à démontrer qu’elle maîtrise le terrain.

Pendant ce temps, le directeur général de la PNH, Vladimir Paraison, semble davantage préoccupé par la mise en scène de l’action policière que par la démonstration de résultats concrets. Conférences, déclarations, déplacements et apparitions publiques ne sauraient remplacer une stratégie sécuritaire efficace. Le pays n’a pas besoin d’un directeur général qui communique sur la sécurité ; il a besoin d’un chef de police capable de la garantir, autant que les circonstances le permettent. Depuis son installation à la tête de la PNH, Vladimir Paraison n’a pas véritablement réussi à convaincre de son efficacité. Les discours se succèdent, les annonces aussi, mais sur le terrain, l’insécurité continue de dicter sa loi. Des quartiers entiers échappent à l’autorité de l’État, les groupes armés maintiennent leur emprise sur plusieurs axes stratégiques et les policiers eux-mêmes sont régulièrement exposés à des situations pour lesquelles ils semblent insuffisamment préparés ou équipés.

L’incident de Kenscoff pose donc une question fondamentale : où est le résultat de cette stratégie sécuritaire dont les autorités parlent tant ?
Un blindé incendié n’est pas seulement un véhicule perdu. C’est aussi le symbole d’une chaîne de commandement qui doit rendre des comptes sur la préparation des opérations, le renseignement, la coordination des unités, le soutien logistique et la protection des agents engagés sur le terrain.

Lorsque des policiers sont blessés au cours d’une opération, il ne suffit pas de condamner l’attaque ou de promettre une réponse. Il faut expliquer ce qui s’est passé, pourquoi les forces engagées ont été prises à défaut et quelles mesures seront prises pour éviter que le scénario ne se reproduise. Car à force de communiquer sans résultats suffisamment visibles, la parole du commandement perd de sa portée. La population finit par ne plus distinguer la stratégie de la mise en scène, ni l’action réelle de l’agitation médiatique.

Vladimir Paraison est à la tête de la principale institution chargée de garantir la sécurité intérieure. À ce titre, il doit être jugé moins sur ses apparitions publiques que sur les résultats obtenus par l’institution qu’il dirige. Kenscoff vient une nouvelle fois rappeler une évidence : en matière de sécurité, le théâtre ne suffit pas. Il faut des résultats.

Jenny Toussaint
Journaliste-Rédactrice à Hebdo24 | Politicienne | Experte en Relations Internationales 📩 : jenny@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @jennyhebdo24

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