Il est des situations qui, à elles seules, révèlent les profondes failles d’un système. Le cas de Sunrise Airways en constitue aujourd’hui une illustration frappante.
Comment justifier qu’une compagnie bénéficiant d’une garantie publique de 11 millions de dollars impose, de facto, une double facturation à des passagers déjà durement éprouvés par la crise économique ?
Certes, les impératifs sécuritaires ne sauraient être écartés d’un revers de main. L’évocation de tirs visant un appareil est grave et mérite toute l’attention requise. Mais l’absence persistante de conclusions d’enquête alimente un doute légitime quant à la transparence de cette décision.
Pendant ce temps, ce sont les usagers qui en paient le prix fort.
Le mécanisme frôle le cynisme : rediriger les vols internationaux vers le Cap-Haïtien, puis contraindre les passagers à acheter un second billet pour rejoindre Port-au-Prince.
Une pratique qui, faute d’encadrement, s’apparente à une véritable rente de situation.
Plus préoccupant encore demeure le silence de l’État.
Garant de l’utilisation des fonds publics et protecteur des citoyens, il semble ici relégué au rang de simple spectateur. Cette inertie interroge sur sa capacité à réguler un secteur aussi stratégique que le transport aérien.
Au-delà du cas Sunrise Airways, c’est toute la question de la gouvernance qui est posée.
Peut-on continuer à mobiliser des ressources publiques sans exiger, en retour, des obligations strictes de service, de transparence et de responsabilité ?
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