Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, Haïti demeure plongée dans une crise politique, sécuritaire et institutionnelle dont l’issue paraît encore lointaine. Alors que plusieurs gouvernements de transition se sont succédé depuis le drame survenu dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, la promesse de rétablir l’ordre constitutionnel et de rendre justice reste largement inachevée. Depuis ce crime qui a bouleversé l’histoire contemporaine du pays, les autorités de transition se sont relayées à la tête de l’État. Pourtant, malgré les engagements répétés en faveur de l’organisation d’élections, du rétablissement de la sécurité et du renforcement des institutions, aucun retour à l’ordre démocratique n’a été concrétisé. Les échéances électorales ont été reportées à plusieurs reprises, tandis que l’insécurité s’est aggravée sous l’emprise croissante des groupes armés.
Sur le plan judiciaire, le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse continue d’avancer à un rythme jugé lent par de nombreux observateurs. Si plusieurs condamnations ont été prononcées aux États-Unis contre certains protagonistes impliqués dans le complot, en Haïti, l’instruction reste marquée par des retards, des changements de magistrats, des difficultés institutionnelles et des interrogations persistantes sur les responsabilités des commanditaires. Pour les proches de l’ancien chef de l’État comme pour une partie de l’opinion publique, la manifestation complète de la vérité demeure encore hors de portée. Pendant ce temps, les gouvernements de transition se sont succédé sans parvenir à restaurer la stabilité. Les promesses de réformes institutionnelles, de lutte contre les gangs et d’organisation d’élections crédibles se heurtent à une réalité dominée par l’insécurité, les déplacements massifs de population et l’affaiblissement continu des institutions publiques.
À l’occasion de ce cinquième anniversaire, de nombreuses voix rappellent que le temps écoulé n’a toujours pas permis de répondre aux deux principales attentes de la population : connaître toute la vérité sur l’assassinat du président Jovenel Moïse et permettre aux Haïtiens de choisir librement leurs dirigeants à travers des élections démocratiques. Cinq ans après les faits, le 7 juillet reste ainsi le symbole d’un pays confronté à une double impasse : une transition politique qui se prolonge sans échéance claire et une justice qui peine encore à faire toute la lumière sur l’un des événements les plus marquants de l’histoire récente d’Haïti.

