Les avocats de l’homme d’affaires haïtien Dimitri Vorbe accusent les autorités américaines de l’immigration d’avoir ignoré une ordonnance d’un juge fédéral en procédant à son transfert du centre de détention de Krome, en Floride, vers un établissement situé dans l’État du Mississippi. Selon les documents déposés devant le tribunal, ce transfert aurait été effectué alors qu’une décision judiciaire en vigueur interdisait explicitement tout déplacement de M. Vorbe hors du district sud de la Floride pendant l’examen de son recours contestant la légalité de sa détention. Ses représentants légaux demandent désormais au juge de sanctionner les responsables de cette mesure, qu’ils qualifient de violation flagrante d’une ordonnance fédérale.
Détenu depuis plusieurs mois par les services américains de l’immigration, Dimitri Vorbe est visé par une procédure d’expulsion exceptionnelle fondée sur une disposition rarement utilisée du droit américain. Cette mesure permet l’éloignement d’un ressortissant étranger lorsque sa présence est considérée comme contraire aux intérêts de politique étrangère des États-Unis. L’administration américaine a engagé cette procédure à la suite d’une recommandation du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui accuse l’homme d’affaires haïtien d’entretenir des liens avec des groupes armés opérant en Haïti. Dimitri Vorbe rejette catégoriquement ces allégations et affirme n’avoir aucun lien avec les organisations criminelles mentionnées par les autorités américaines.
Pour justifier le transfert, les services de l’immigration soutiennent que le centre de détention de Krome a dû être partiellement évacué en raison d’incendies menaçant la région. Toutefois, la défense de Vorbe remet en question cette explication. Ses avocats affirment que plusieurs autres détenus ont été relocalisés dans différents établissements situés en Floride, tandis que leur client a été envoyé au Mississippi sans préavis ni autorisation judiciaire. L’affaire soulève d’importantes questions concernant le respect des décisions de justice par les autorités administratives, les conditions de détention des migrants ainsi que l’utilisation de pouvoirs exceptionnels en matière d’immigration et de politique étrangère aux États-Unis.
Les avocats de Dimitri Vorbe soutiennent par ailleurs qu’aucune preuve publique n’a été présentée jusqu’à présent pour étayer les accusations formulées contre leur client. Ils réclament soit sa remise en liberté, soit la tenue rapide d’une audience permettant d’examiner la légalité et la justification de sa détention prolongée. Le dossier continue de susciter l’attention des observateurs, alors que le tribunal fédéral doit désormais se prononcer sur la légalité du transfert et sur les demandes formulées par la défense.

