Alors que le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, annonce la mise en place d’une plateforme de paiement ultramoderne, interopérable et compatible avec la blockchain afin de permettre des paiements instantanés, son discours soulève une contradiction difficile à ignorer.
Comment promouvoir la modernisation du système financier tout en menaçant de poursuites Dessalines Bank, accusée d’avoir proposé des services financiers numériques ? Cette apparente incohérence interpelle.
D’un côté, la BRH se projette vers l’avenir en évoquant des technologies comme la blockchain, les cryptomonnaies et les stablecoins. De l’autre, elle adopte une approche répressive à l’égard d’initiatives qui pourraient justement contribuer à préparer le terrain à cette transformation.
Au-delà de l’avertissement adressé au public, cette situation met en lumière les difficultés de la régulation financière en Haïti, souvent confrontée à une innovation qui évolue plus rapidement que le cadre juridique.
Plutôt que de décourager les nouvelles initiatives, la Banque centrale ne gagnerait-elle pas à les encadrer, à définir des règles claires et à favoriser l’émergence d’un véritable écosystème financier numérique, à la fois sécurisé, innovant et compétitif ?
Les citoyens, appelés à faire preuve de vigilance, sont également en droit d’attendre des autorités une vision cohérente, une réglementation adaptée aux nouvelles réalités technologiques et, surtout, des résultats concrets en matière de modernisation du système financier.

