Le départ de 215 policiers kényans d’Haïti, officialisé le 18 mars 2026, marque une nouvelle étape dans la réorganisation de la mission multinationale soutenue par l’Organisation des Nations unies. Présentée comme une simple rotation visant à optimiser le dispositif, cette décision s’inscrit dans une volonté affichée d’adapter les effectifs et les moyens aux réalités complexes du terrain.
Mais sur le terrain justement, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, plusieurs zones stratégiques restent sous le contrôle de groupes armés. Axes routiers, centres économiques et points névralgiques continuent d’échapper à l’autorité de l’État, réduisant considérablement la marge de manœuvre des forces engagées. Malgré des opérations menées conjointement avec la Police nationale d’Haïti, les avancées restent limitées, freinées par des lacunes en équipements, en coordination et en renseignement.
Face à cette réalité, la population peine à cacher sa déception. L’arrivée de la mission internationale avait suscité de grands espoirs, notamment celui d’un rétablissement rapide de la sécurité. Pourtant, les enlèvements, les violences armées et les affrontements persistent, alimentant un climat de méfiance et de désillusion. Du côté des partenaires internationaux, le discours se veut rassurant. Cette phase de réajustement serait, selon eux, une étape nécessaire pour renforcer l’efficacité des opérations à moyen terme. L’objectif annoncé : déployer des unités mieux préparées, plus nombreuses et dotées de ressources logistiques et tactiques accrues.
Reste que l’enjeu dépasse la seule question des effectifs. La réussite de cette mission dépendra largement de sa capacité à s’inscrire dans une approche globale, articulant sécurité, gouvernance et développement. Sans une coordination renforcée avec les autorités haïtiennes et sans réponses concrètes aux causes profondes de la crise, les efforts engagés risquent de continuer à produire des résultats fragiles.
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