Le chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster, a adressé un message sans équivoque à la classe politique haïtienne : Washington continue de miser sur Alix Didier Fils-Aimé pour piloter la transition et ne voit aucune nécessité de relancer la bataille pour la Primature.
Dans une interview accordée au Nouvelliste à la veille de son départ du pays, le diplomate américain a estimé que la priorité actuelle devait être la stabilisation de l’État haïtien plutôt que les luttes de pouvoir autour du poste de Premier ministre. Selon Henry T. Wooster, Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente, marquée par l’insécurité, l’affaiblissement des institutions et l’urgence d’organiser des élections crédibles. Dans ce contexte, il a jugé contre-productif de multiplier les changements de leadership à la tête du gouvernement.
Le représentant américain a ainsi réaffirmé le soutien de son pays à Alix Didier Fils-Aimé, qu’il considère comme l’autorité exécutive chargée de mener à bien les objectifs de la transition. Il a toutefois insisté sur le fait que cet appui ne signifiait pas un soutien inconditionnel ni une désignation imposée par Washington. Pour les États-Unis, l’essentiel est de garantir la continuité de l’action gouvernementale jusqu’à la tenue des scrutins prévus, plutôt que d’ouvrir un nouveau cycle d’instabilité politique. Henry T. Wooster a également invité les responsables politiques désireux d’accéder au pouvoir à privilégier la voie électorale plutôt que les tractations visant à obtenir la Primature durant la période transitoire.
Cette déclaration intervient alors que les débats autour de la gouvernance de la transition continuent d’alimenter les tensions au sein de plusieurs secteurs politiques. En affichant publiquement son soutien à Alix Didier Fils-Aimé, Washington envoie un signal fort : la priorité demeure l’achèvement de la transition et l’organisation des élections, non la recherche d’un nouveau Premier ministre.

