Premier bilan de Mario Andrésol : deux soldats humiliés publiquement pour une affaire de sucre

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La cérémonie organisée ce vendredi 5 juin 2026 à la base Vertière, à Tabarre, a donné lieu à une scène inhabituelle au sein des Forces Armées d’Haïti (FAd’H). Sous le regard des médias, deux soldats ont été publiquement dégradés puis révoqués de l’institution militaire pour des faits de vol présumés.

Selon les explications fournies par le ministre de la Défense, Mario Andrésol, les deux militaires auraient profité d’une intervention sur la voie publique pour s’approprier quatre sacs de sucre transportés par un camion en difficulté. Le ministre a indiqué que cette faute grave justifiait leur exclusion immédiate des rangs de l’Armée.

Cependant, la mise en scène de cette sanction soulève des interrogations. Alors que les principes élémentaires de dignité et de respect des personnes devraient prévaloir au sein des institutions républicaines, les deux soldats ont été exposés à l’humiliation publique devant les caméras, dans une démarche présentée comme un exemple à suivre pour le reste de la troupe.

Si la lutte contre la corruption, les abus et les actes de vol est indispensable au sein des FAd’H, plusieurs observateurs s’interrogent sur la pertinence d’une telle démonstration publique. Pour certains, la discipline militaire ne saurait justifier des pratiques qui rappellent davantage une mise au pilori qu’une procédure administrative respectueuse des droits individuels.

Cette décision constitue l’un des premiers actes marquants de Mario Andrésol à la tête du ministère de la Défense. Mais au-delà du message de fermeté qu’il entend transmettre, l’épisode relance le débat sur les méthodes de commandement et sur la manière dont les autorités entendent construire une institution militaire moderne, professionnelle et respectueuse des principes démocratiques.

En cherchant à faire de ces deux soldats un exemple, le ministre de la Défense s’expose lui-même à des critiques sur une approche jugée excessive, certains estimant qu’une sanction disciplinaire pouvait être appliquée sans recourir à une exposition publique susceptible de porter atteinte à la dignité des intéressés.

Jenny Toussaint
Journaliste-Rédactrice à Hebdo24 | Politicienne | Experte en Relations Internationales 📩 : jenny@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @jennyhebdo24

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