Murielle Leconte, affectueusement surnommée Minouche, symbole de courage, de résilience et de créativité, s’est éteinte, laissant derrière elle un héritage artistique, humain et spirituel d’une grande richesse. Pionnière de la peinture sur vêtements en Haïti, elle demeure une figure marquante de la culture nationale et de l’entrepreneuriat féminin.
Née le 8 décembre à Port-au-Prince, Murielle Leconte a su conjuguer plusieurs vocations avec une détermination exemplaire. Ingénieure de formation, elle était aussi styliste, artiste plasticienne, entrepreneure et mentor, influençant durablement des générations de jeunes Haïtiens par son travail, sa discipline et son sens de l’engagement.
Dès l’âge de 17 ans, elle entame sa carrière aux côtés de son père à l’Université Leconte, posant les bases d’un parcours professionnel guidé par la rigueur et le dévouement. Elle consacrera également 27 années de service au Ministère de l’Agriculture, tout en nourrissant parallèlement sa passion pour le dessin, la mode et l’art décoratif.
Inspirée par un rêve dans lequel elle se voyait peindre sur des vêtements, Murielle Leconte fonde, le 8 décembre 1990, jour de son anniversaire, Murielle Créations. L’entreprise s’impose rapidement comme une référence dans la peinture artistique sur vêtements et accessoires, ainsi que dans la création d’objets décoratifs, coussins, nappes et bijoux, réalisés à partir de matériaux nobles tels que le lin, la soie et la céramique.
Au-delà de son œuvre artistique, Minouche laisse une empreinte profonde dans la formation de la jeunesse. Elle fonde une agence de mannequinat qui dépasse le simple cadre de la mode pour devenir une véritable école de vie, transmettant aux jeunes filles et garçons des valeurs essentielles : discipline, élégance, respect, confiance en soi et savoir-vivre.
Murielle Leconte a également marqué l’histoire de l’entrepreneuriat féminin en Haïti. Elle figure parmi les pionnières de « Femmes en Production », une foire emblématique dédiée à la promotion du génie créatif et entrepreneurial des femmes haïtiennes, offrant visibilité et reconnaissance à de nombreuses créatrices.
Diagnostiquée d’un cancer en 2009, elle affronte la maladie avec une force et une dignité remarquables, poursuivant ses traitements à Miami sans jamais renoncer à sa passion artistique. En 2014, elle choisit de consacrer sa vie à Dieu et se fait baptiser au Tabernacle de Gloire, une démarche spirituelle vécue dans la foi, la paix et la sérénité.
Avec la disparition de Minouche, Haïti perd une bâtisseuse de talents, une femme de vision et de cœur. Son œuvre, son enseignement et son parcours de vie continueront d’inspirer artistes, entrepreneurs et jeunes générations pour longtemps.
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