À quelques semaines du 7 février 2026, date marquant la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’exécutif collégial multiplie les rencontres avec des partis politiques. Ces discussions, entamées depuis le week-end écoulé, sont présentées comme une tentative de trouver une issue consensuelle à la transition. Mais pour de nombreux observateurs, elles ressemblent davantage à une manœuvre tardive de survie politique qu’à une véritable volonté de refondation institutionnelle.
Installé dans un contexte de crise sécuritaire, économique et institutionnelle aiguë, le CPT avait pour mission principale de rétablir un minimum d’ordre, de créer les conditions d’élections crédibles et de remettre le pouvoir à des autorités légitimes. Or, près d’un an plus tard, le constat est sévère : l’insécurité s’est aggravée, l’administration publique demeure dysfonctionnelle, aucune date électorale crédible n’a été arrêtée, la confiance populaire est quasi inexistante.
Le CPT apparaît ainsi comme un organe sans vision claire, naviguant à vue, incapable de transformer sa légitimité transitoire en leadership politique efficace. Les discussions engagées avec les partis politiques à l’approche de l’échéance constitutionnelle soulèvent de sérieuses interrogations. Pourquoi maintenant ? Pourquoi après des mois de gouvernance fermée, souvent marquée par l’opacité et l’exclusion des forces vives de la nation ?
Ces consultations donnent l’impression d’un dialogue contraint par le calendrier, non par la conviction. Elles semblent viser avant tout à légitimer une prolongation déguisée ou à préparer une formule de continuité institutionnelle, au mépris du principe de temporalité qui fonde toute transition. Le CPT justifie ses démarches par la crainte d’un vide institutionnel après le 7 février 2026. Cet argument, bien que recevable en théorie, peine à convaincre. Car ce vide n’est pas un accident : il est le résultat direct de l’inaction et des errements du CPT lui-même. En n’ayant ni préparé l’après-transition ni créé un consensus national en amont, le Conseil se retrouve aujourd’hui prisonnier de ses propres échecs.
Le CPT, en cherchant aujourd’hui une solution à l’après-7 février 2026, agit comme un organe conscient de son échec politique, mais incapable d’en tirer toutes les conséquences. La transition ne peut être indéfiniment prolongée au nom de la stabilité. En Haïti, la stabilité véritable ne naîtra que de la légitimité populaire, et non d’arrangements de dernière minute.
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