Le Département d’État des États-Unis hausse le ton contre les gangs haïtiens. À travers son programme « Rewards for Justice » (RFJ), Washington offre jusqu’à 3 millions de dollars pour toute information permettant de démanteler les réseaux financiers des coalitions criminelles « Viv Ansanm » et « Gran Grif », toutes deux classées organisations terroristes étrangères.
Cette initiative, qui s’accompagne d’une possible relocalisation des informateurs, vise à frapper les groupes armés là où cela fait le plus mal : leurs sources de financement. Mais sur le terrain, cette stratégie soulève des interrogations quant à son efficacité réelle dans un contexte où les gangs continuent d’étendre leur influence.
Née en 2023, la coalition « Viv Ansanm » regroupe plusieurs factions armées majeures opérant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Elle s’est imposée comme un acteur central de l’insécurité, multipliant les attaques contre des institutions étatiques, des infrastructures critiques et des populations civiles.
Meurtres, enlèvements, viols collectifs et extorsions systématiques font partie des méthodes utilisées pour asseoir son contrôle. Le groupe est également accusé d’avoir contribué à la déstabilisation politique du pays, notamment en accentuant la pression ayant conduit au départ de l’ancien Premier ministre en 2024.
Dans l’Artibonite, le gang « Gran Grif » s’est imposé comme une force dominante. Initialement structuré autour d’intérêts politiques locaux, il a évolué vers une organisation criminelle d’envergure, impliquée dans des attaques contre les forces de sécurité, des massacres et des violations graves des droits humains.
Malgré les pressions internationales, ces groupes continuent de prospérer grâce à une économie parallèle solidement implantée. Trafic d’armes, enlèvements contre rançon, extorsion et exploitation des populations locales constituent leurs principales sources de revenus.
Le recrutement forcé, y compris celui d’enfants, renforce leur capacité opérationnelle et leur permet de maintenir une présence constante sur le terrain. Si les autorités américaines misent sur le renseignement pour fragiliser ces réseaux, certains observateurs estiment que la mise à prix des chefs de gangs ne suffit pas à enrayer la dynamique actuelle.
Dans un environnement marqué par la faiblesse des institutions, le manque de contrôle territorial et la pauvreté structurelle, les groupes armés parviennent souvent à se réorganiser rapidement, voire à se renforcer.
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