Depuis Port-au-Prince, une parole diplomatique claire vient de se faire entendre. À l’occasion de la fête nationale de l’Espagne, célébrée à l’hôtel El Rancho, l’ambassadeur Antonio Peñín Toledano Marco a exprimé le souhait qu’Haïti se dote, en 2027, d’un nouveau président répondant aux exigences de dignité et de crédibilité nécessaires pour être reconnu et fréquenté par la communauté internationale.
Loin de constituer une ingérence, cette déclaration peut être interprétée comme un signal d’espoir : celui d’une transition politique qui ne se contente pas de respecter un calendrier, mais qui cherche également à restaurer la confiance. La semaine dernière, l’ambassadeur de France avait exprimé une position comparable. Cette convergence de vues est révélatrice : les partenaires d’Haïti semblent désormais accorder davantage d’importance à la qualité morale et démocratique du processus électoral qu’au seul respect des échéances.
Un processus électoral confronté à la question des personnalités sanctionnées
Le décret électoral amendé, susceptible d’ouvrir la voie à des personnalités sanctionnées par l’Union européenne, a manifestement suscité des réserves. Cette exigence rappelle une vérité fondamentale : une élection crédible ne repose pas uniquement sur les bulletins de vote, mais aussi sur la qualité des candidatures, l’équité des règles et la capacité des institutions à inspirer confiance.
Une invitation à repenser la transition politique en Haïti
Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, peut y voir une invitation à réévaluer certaines orientations. L’année 2027 pourrait marquer un nouveau départ : celui d’un président crédible, d’une classe politique responsable et d’un peuple enfin écouté. Haïti mérite la dignité, la confiance et des institutions solides.



