Le gouvernement haïtien entend intensifier la lutte contre les groupes armés et leurs réseaux de soutien. À l’occasion d’un point de presse spécial consacré à la situation sécuritaire, ce mardi 3 novembre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé sa détermination à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national et à restaurer l’autorité de l’État. Il annonce une stratégie commune mobilisant la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Force de répression des gangs (FRG).
Une stratégie sécuritaire soutenue par la coopération internationale
Cette stratégie bénéficie, selon le chef du gouvernement, du soutien de plusieurs pays alliés, notamment du Salvador et de son président, Nayib Bukele. Le dirigeant haïtien met ainsi en avant la coopération internationale dans le cadre des efforts visant à neutraliser les groupes armés qui continuent de défier les autorités et de semer la terreur dans plusieurs régions du pays. Dans un message publié sur son compte X à l’issue de cette rencontre avec la presse, Alix Didier Fils-Aimé a également adressé un avertissement sans équivoque aux groupes armés et à leurs éventuels protecteurs. « Gang yo pap gen dòmi nan je ! Gang ak kravat, gang ak sapat, tout ap tonbe anba sanksyon », a-t-il écrit. Par cette formule, le Premier ministre entend élargir la portée de la riposte gouvernementale aux acteurs qui, sans nécessairement prendre les armes, seraient impliqués dans le financement, le soutien ou la protection des organisations criminelles.
Les réseaux de soutien aux gangs également visés
Cette déclaration intervient dans un contexte où les liens présumés entre certains réseaux économiques, politiques et les groupes armés constituent un enjeu majeur dans la lutte contre l’insécurité. En évoquant les gangs « en cravate » et « en sandales », le chef du gouvernement semble vouloir signifier que la réponse de l’État ne se limitera pas aux hommes armés opérant sur le terrain, mais visera également leurs éventuels commanditaires et complices.
Le défi de traduire les annonces en résultats concrets
Reste désormais à savoir comment cette stratégie commune se traduira concrètement sur le terrain et dans quelle mesure elle permettra de reprendre les territoires sous l’emprise des groupes armés. Alors que la population attend des résultats tangibles, les autorités sont confrontées à une exigence majeure : transformer les déclarations de fermeté en opérations efficaces et durables, capables de rétablir la sécurité et de restaurer la confiance dans les institutions.



