La situation sécuritaire en Haïti continue de se détériorer, en dépit des déclarations rassurantes des autorités. Dans le département de l’Artibonite, plus de 70 personnes ont été tuées en une semaine, selon plusieurs sources locales concordantes. Une flambée de violence qui met en lumière l’emprise grandissante des groupes armés sur des portions entières du territoire.
Dans cette région, comme dans d’autres zones du pays, ces groupes contrôlent non seulement des localités, mais aussi des axes routiers stratégiques et certaines activités économiques. La libre circulation devient un luxe : les transporteurs sont contraints de négocier leur passage ou de payer des sommes aux hommes armés pour éviter des représailles.
Face à cette insécurité persistante, de nombreuses familles fuient leurs habitations. Les déplacements forcés se multiplient, révélant un affaiblissement préoccupant de l’autorité de l’État et une incapacité croissante à protéger les populations civiles.
Dans ce contexte, le contraste avec le discours officiel est frappant. Les déclarations évoquant un bilan « satisfaisant » peinent à convaincre, alors que les massacres, les enlèvements et les zones échappant au contrôle de l’État continuent de se multiplier.
Pour de nombreux observateurs, cette communication apparaît en décalage avec la réalité vécue au quotidien. Huit mois après l’arrivée de Vladimir Paraison à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), aucun progrès significatif ne semble perceptible sur le terrain. Au contraire, les violences gagnent en intensité et en étendue, soulevant des interrogations sur l’efficacité des stratégies mises en œuvre.
Dès lors, une interrogation demeure : sur quels indicateurs repose l’évaluation positive avancée par la direction générale de la PNH ? En l’absence de données transparentes, de résultats mesurables et d’actions visibles, cette posture suscite scepticisme et incompréhension.
À mesure que l’écart se creuse entre les déclarations officielles et la réalité quotidienne, la confiance de la population s’effrite. Et avec elle, l’espoir d’un retour rapide à la sécurité.
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