le rectorat de l’UEH lance la CAPOSU pour favoriser l’intégration financière des universitaires

À ne pas manque

Le rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a lancé, le mercredi 14 octobre, la Caisse populaire solidarité universitaire (CAPOSU), une initiative destinée à faciliter l’accès des universitaires aux services d’épargne et de crédit. Ce projet entend répondre aux besoins financiers des membres de la communauté universitaire, dans un pays où les faillites de plusieurs coopératives au début des années 2000 ont laissé de nombreux épargnants face à d’importantes pertes.

La nouvelle structure a été présentée lors d’une cérémonie organisée au rectorat, en présence de représentants des différentes composantes de l’université. Elle vise à offrir aux étudiants, aux professeurs et aux membres du personnel administratif un instrument financier commun pour constituer une épargne et, à terme, solliciter des prêts.

À travers cette initiative, le rectorat entend encourager les universitaires à participer davantage aux activités économiques. Selon le recteur, Dieuseul Prédélus, la caisse ne sera pas exclusivement réservée aux membres de l’UEH. Elle pourra également accueillir des personnes extérieures qui partagent ses valeurs.

L’objectif est de faire de la solidarité financière un moyen de soutenir les projets individuels et collectifs. Toutefois, la création d’une caisse d’épargne et de crédit soulève des questions importantes concernant la gestion des ressources, la surveillance des opérations et la protection des fonds confiés par les sociétaires.

Les faillites passées imposent la vigilance

En Haïti, les coopératives financières ont laissé un précédent douloureux au début des années 2000. Les faillites survenues en 2002 et 2003 avaient entraîné des pertes considérables pour de nombreux sociétaires et provoqué une crise de confiance envers ces institutions. Des épargnants, attirés notamment par des promesses de rendements élevés, s’étaient retrouvés dans l’impossibilité de récupérer leurs économies.

Ces événements ont mis en évidence les risques liés à une gestion défaillante, à des contrôles insuffisants et à certaines pratiques financières hasardeuses. Ils rappellent que la collecte de l’épargne exige des mécanismes de surveillance solides et une gestion transparente.

La CAPOSU n’est pas pour autant assimilable aux institutions qui ont fait faillite. Néanmoins, son implantation au sein de l’université ne constitue pas, à elle seule, une garantie de sécurité pour les futurs déposants. Sa crédibilité dépendra notamment du respect des règles applicables, de la qualité de sa gouvernance et de la capacité de ses responsables à rendre compte de leur gestion.

La transparence des opérations, le contrôle des mouvements financiers et la communication régulière des résultats devront occuper une place centrale dans son fonctionnement. Les sociétaires doivent pouvoir comprendre comment leurs fonds sont gérés, connaître les risques auxquels ils sont exposés et disposer d’informations fiables sur la situation financière de la caisse.

Le démarrage des crédits prévu dans trois mois

La CAPOSU prévoit de proposer plusieurs formules d’épargne, notamment des comptes à vue, des produits spécialisés et des placements à terme. La souscription de parts sociales constitue également l’un des piliers de son fonctionnement.

L’octroi de crédits ne devrait toutefois pas commencer immédiatement. La direction générale envisage le démarrage de ces opérations dans un délai de trois mois, sous réserve du respect des exigences légales et réglementaires. Cette période doit permettre de consolider les procédures d’examen des demandes, d’évaluation de la capacité de remboursement et de suivi des prêts.

Carl Junior Denis Emmanuel, directeur général de la caisse, a annoncé son intention de faire de la rigueur et de la transparence des principes essentiels de gestion. La mise en pratique de ces engagements sera déterminante pour apprécier la solidité de cette nouvelle structure financière au sein de l’UEH.

Trois organes pour assurer la gestion et le contrôle

La gouvernance de la CAPOSU repose sur plusieurs organes. Le conseil d’administration est présidé par Midas Milien, assisté de James Pierre à la vice-présidence. Taïna Tranquille assure le secrétariat, avec Marguerite Chauvet comme secrétaire adjointe. Les fonctions de conseillers sont occupées par Renauld Govain, Bildadson Cadelus, Louis Rodrigue Thomas, John Picard Byron et Relex Alexandre.

Le contrôle interne relève d’un comité présidé par Janin Jadotte, avec Wilhem Michel au secrétariat et Josué Vaval comme conseiller. Pour l’examen des demandes de crédit, la structure prévoit un autre comité, dirigé par Dieulène Charlemagne Luberisse. Rosemie Conseillant en assure le secrétariat, tandis qu’Ilercé Solon y siège comme conseiller.

L’efficacité de ces organes dépendra de leur capacité à exercer leurs responsabilités, à prévenir les irrégularités et à veiller au respect des règles de gestion. La présence de structures de gouvernance ne suffit pas à garantir une administration saine si les mécanismes de contrôle ne fonctionnent pas effectivement.

Les frais d’adhésion ont été fixés à 1 500 gourdes. Plusieurs étudiants, professeurs et autres membres de la communauté universitaire se sont inscrits dès la cérémonie de lancement. En attendant de disposer de ses propres locaux, la CAPOSU sera hébergée temporairement au rectorat de l’UEH.

Le lancement de cette caisse ouvre une nouvelle possibilité d’accès aux services financiers pour les universitaires. Sa réussite dépendra cependant de sa capacité à concilier son objectif de solidarité avec les exigences de prudence, de transparence et de responsabilité qu’impose la gestion de l’épargne. Dans un pays marqué par les faillites passées de coopératives, la confiance devra se construire à travers des résultats vérifiables et une protection effective des ressources des sociétaires.

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