Le Conseil de sécurité des Nations unies a acté, ce mercredi 14 octobre 2026, la prolongation pour une durée de 13 mois du mandat des experts chargés de surveiller l’application des sanctions contre Haïti. Cette décision intervient alors que les gangs continuent de disposer d’armes de guerre et de munitions, malgré les restrictions internationales visant à freiner leur approvisionnement. L’écart entre les mesures annoncées et la réalité sur le terrain soulève des questions sur l’efficacité de cet embargo. l’application des sanctions contre Haïti.
Des flux d’armes aux origines documentées
Les enquêtes internationales continuent de pointer du doigt des filières d’approvisionnement bien identifiées. Selon l’agence américaine d’armement (ATF), sur 46 armes saisies en Haïti en 2024 et ayant pu être traçées, 40 avaient été fabriquées ou importées légalement sur le sol américain. Un chiffre révélateur, bien qu’il ne porte que sur un échantillon analysé et non sur la totalité de l’arsenal en circulation.
Selon l’agence américaine d’armement (ATF), sur 46 armes saisies en Haïti en 2024 et ayant pu être traçées, 40 avaient été fabriquées ou importées légalement sur le sol américain. Un chiffre révélateur ! Ces chiffres concernent uniquement les armes examinées et tracées, et non l’ensemble des armes en circulation dans le pays.
La République dominicaine figure également parmi les points sensibles de ces circuits. En 2025, des munitions portant des marquages de l’armée dominicaine ont été retrouvées en possession de membres de 400 Mawozo. Les autorités dominicaines ont indiqué que certaines de ces munitions avaient été achetées en 2022 auprès d’un fabricant colombien. Ces éléments soulignent les difficultés liées au contrôle des stocks et à la circulation des munitions dans la région, sans permettre à eux seuls de déterminer l’ampleur exacte des transferts vers Haïti.
D’autres rapports ont aussi relevé des munitions dont les numéros de lot correspondaient à des fournitures achetées par les Forces armées d’Haïti. De tels rapprochements ne prouvent pas systématiquement un vol direct dans les arsenaux militaires, mais ils mettent en évidence la nécessité de mieux contrôler les stocks et de rechercher comment ces munitions se retrouvent entre les mains de groupes armés.
Sur le terrain, les conséquences sont lourdes pour la Police nationale d’Haïti et les autres forces engagées dans les opérations contre les gangs. Face à des groupes capables de se procurer des fusils d’assaut et des munitions, les opérations policières ne peuvent reposer uniquement sur des interventions ponctuelles. Elles exigent des équipements adaptés, du renseignement, une logistique fiable et une coopération plus efficace entre les autorités haïtiennes et les pays concernés par les circuits d’approvisionnement.
La prolongation du mandat des experts de l’ONU permet de poursuivre les enquêtes et de documenter les violations des sanctions. Mais elle ne garantit pas, à elle seule, que les armes cesseront d’arriver en Haïti. L’efficacité de l’embargo dépendra surtout de la capacité des autorités à identifier les fournisseurs, à interrompre les réseaux de trafic et à poursuivre les responsables des détournements.
Alors que les gangs continuent de semer la terreur dans plusieurs régions du pays, la question reste entière. Comment espérer les désarmer si les circuits qui alimentent leurs arsenaux ne sont pas durablement démantelés ?
Moïse François



