Le rapport du Groupe d’experts de l’ONU consacré à Haïti place Nenel Cassy au centre d’un ensemble d’allégations particulièrement graves concernant les liens entre responsables politiques et groupes armés.
Le document décrit également un environnement où la criminalité organisée, le blanchiment d’argent, le trafic d’armes et la traite des êtres humains prospèrent sur fond de faiblesse institutionnelle.
Ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy est présenté par les experts comme ayant apporté son soutien à différents acteurs armés afin de promouvoir ses intérêts politiques.
Le rapport affirme notamment qu’il contrôlerait le groupe criminel « BLTS », actif à Chalon, à Miragoâne, et impliqué, selon des sources citées par les experts, dans des activités allant des enlèvements aux vols à main armée.
Les experts lui attribuent également un rôle dans la création de « Fantôme 509 », groupe violent apparu en 2018 et impliqué dans plusieurs épisodes de troubles et d’attaques contre des policiers.
Le rapport évoque par ailleurs une tentative d’enlèvement suivie de l’assassinat d’un diplomate haïtien en février 2021, ainsi que des projets présumés d’attaques contre des infrastructures aéroportuaires à Port-au-Prince, aux Cayes et au Cap-Haïtien.
Des liens avec plusieurs coalitions et groupes armés, dont Viv Ansanm, G-Pèp et Kraze Baryè, sont également rapportés.
Autre élément relevé : l’arrestation de Cassy le 2 août 2025 pour plusieurs chefs d’accusation, suivie de sa remise en liberté le 19 août. Cette décision avait suscité des critiques d’organisations de la société civile.
Le rapport rappelle enfin que Cassy fait déjà l’objet de sanctions canadiennes et américaines. Il précise que les experts lui ont donné la possibilité de répondre aux accusations, mais qu’aucune réponse n’avait été reçue lors de la rédaction du document.

