Le cinéma haïtien s’est fait remarquer en Guyane. Lors de la cérémonie de clôture de la 8e édition du Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes (FIFAC), samedi 10 octobre, deux réalisateurs haïtiens, Rachelle Salnave et Feguenson Hermogène ont été distingués.
Salnave a reçu une mention spéciale du jury pour Double citoyen alors que Hermogène a obtenu trois récompenses : une mention spéciale du jury et le prix du jury lycéen pour Résurgence, ainsi que le prix du meilleur court-métrage pour Nan Ginen.
Un père, une fille, une nationalité
Double citoyen est un film père-fille. Selon le synopsys du film L’actrice principale accompagne son père, Édouard Salnave, pour mettre à l’épreuve l’amendement de 2012 à la Constitution haïtienne, qui autorise la double nationalité. La démarche est loin d’être simple. Républicain new-yorkais convaincu, Édouard n’a pas remis les pieds en Haïti depuis plus de cinquante ans. Pour que sa fille puisse redevenir haïtienne, il doit d’abord le redevenir lui-même, et renouer ainsi avec un pays que sa famille a quitté dans les années 1960, au moment de l’exil politique.
Ce long-métrage de 1 h 15 avait déjà été présenté au Miami Film Festival en 2026. Aussi, Salnave a été Boursière du Sundance Institute en 2015, elle a vu La belle vie: the good life nommé aux Emmy Awards en 2016, et fondé les sociétés Ayiti Images et Black Lounge Films. Double citoyen est son troisième long-métrage documentaire.
Un fils, sa mère et un silence
Avec Résurgence, Feguenson Hermogène signe un film plus intime et plus grave. Ce documentaire de 50 minutes, revient sur le passé du réalisateur haïtien.
Le point de départ est un souvenir d’enfance. À peine âgé de dix ans, le Hermogène a vu son père, agresser sa mère. Après trois années d’études à Cuba, il est revenu auprès d’elle pour rompre ce silence. Le film prend la forme d’un dialogue entre la mère et le fils sur la violence des hommes.
Le film est produit par Sanosi Productions et Fastforward, avec France Télévisions. Il avait été présenté aux États généraux du film documentaire de Lussas, en France.
Hermogène était aussi en lice dans la compétition des courts-métrages avec Nan Ginen (2025, 21 minutes), qui a remporté le prix du meilleur court-métrage, doté de 1 000 euros



