Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a participé, lundi 5 octobre 2026, à la cérémonie solennelle marquant l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027. Organisée à la Cour de cassation, au Champ-de-Mars, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique et consulaire, des magistrats, ainsi que des responsables de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H).
À cette occasion, le président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), le magistrat Jean Joseph Lebrun, a présenté le bilan de l’année judiciaire écoulée. Selon les chiffres communiqués, la Cour de cassation a rendu 286 décisions au cours de l’exercice 2025-2026. Les cinq cours d’appel ont, pour leur part, prononcé 249 arrêts, tandis que les tribunaux de première instance ont traité 6 388 dossiers. Dans son discours, Alix Didier Fils-Aimé, qui assure également l’intérim au ministère de la Justice et de la Sécurité publique, a fixé les principales orientations de la nouvelle année judiciaire. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’efficacité du système judiciaire et de poursuivre les réformes engagées.
« Il n’y a pas de sécurité durable sans justice forte », a déclaré le chef du gouvernement, plaidant pour une justice indépendante, accessible et capable de mieux protéger les citoyens. Le Premier ministre a notamment annoncé l’entrée en vigueur, à compter du 1er janvier 2027, du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale. Il considère ces deux instruments comme des réformes majeures destinées à moderniser le cadre juridique et le fonctionnement de la justice haïtienne.
La question de la détention préventive prolongée a également occupé une place importante dans son intervention. Alix Didier Fils-Aimé a rappelé plusieurs mesures prises pour réduire le nombre de personnes détenues sans jugement, citant notamment la libération de détenus à Jacmel et à Port-au-Prince. Il a également évoqué la reprise des assises criminelles au Tribunal de première instance de Port-au-Prince, après huit années d’interruption, ainsi que la mise en fonctionnement de deux pôles judiciaires spécialisés dans la capitale. Sur le plan politique, le chef du gouvernement a réaffirmé la détermination de son équipe à accompagner le Conseil électoral provisoire (CEP) dans la conduite du processus électoral. L’objectif affiché, a-t-il souligné, demeure le retour d’Haïti à un fonctionnement démocratique et institutionnel normal dans les meilleurs délais.
La cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027 intervient ainsi dans un contexte où les autorités mettent en avant la réforme de la justice, la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’État de droit comme des conditions essentielles à la stabilité du pays.

