Vladimir Paraison : un an à la tête de la PNH, zéro résultat

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Un an après son installation à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), Vladimir Paraison peine toujours à convaincre. À l’heure du bilan, le constat est particulièrement sévère : l’institution reste confrontée aux mêmes difficultés, tandis que les gangs continuent d’étendre leur influence et de dicter leur loi dans plusieurs régions du pays.

Nommé avec la promesse de redynamiser une institution en perte de vitesse, Vladimir Paraison devait incarner le changement et restaurer la capacité opérationnelle de la PNH. Mais douze mois plus tard, les résultats annoncés tardent à se matérialiser. Les opérations policières se multiplient parfois dans les communiqués, mais sur le terrain, la réalité demeure préoccupante. Les attaques contre les forces de l’ordre, les embuscades, les déplacements massifs de populations et la paralysie de plusieurs axes stratégiques témoignent de l’ampleur du défi. Dans certaines zones, les groupes armés imposent leur présence, contrôlent des routes, rançonnent les usagers et contraignent des milliers de familles à abandonner leurs quartiers.

Plus inquiétant encore, la PNH semble régulièrement se retrouver en position défensive. L’incendie récent d’un véhicule blindé de l’institution à Kenscoff, avec des policiers blessés, illustre brutalement les failles persistantes de la stratégie sécuritaire. Une institution qui peine à protéger ses propres agents aura évidemment du mal à rassurer une population qui vit quotidiennement sous la menace. Pendant ce temps, le directeur général apparaît davantage dans l’espace médiatique que dans les résultats opérationnels. Les déclarations, les visites et les apparitions publiques ne peuvent remplacer une véritable stratégie de reconquête territoriale. La population attend des rues sécurisées, des axes libérés, des quartiers repris aux groupes armés et une police capable d’anticiper les attaques plutôt que de simplement y répondre.

Le problème n’est pas seulement celui d’un homme. La PNH souffre de faiblesses structurelles, d’un manque de moyens, de problèmes de commandement et d’une situation sécuritaire extrêmement complexe. Mais c’est précisément pour cette raison que le bilan de son directeur général doit être évalué avec davantage de rigueur. À la tête de l’institution depuis un an, Vladimir Paraison porte désormais une responsabilité politique et opérationnelle dans les résultats obtenus, ou dans leur absence. Un an devrait pourtant suffire pour présenter un bilan crédible : territoires reconquis, réseaux criminels démantelés, capacités opérationnelles renforcées, réduction des kidnappings et des attaques, amélioration de la circulation sur les grands axes et, surtout, restauration de la confiance de la population. Après douze mois, le bilan de Vladimir Paraison ressemble davantage à une succession d’annonces qu’à une véritable reprise en main de la situation sécuritaire.

Jenny Toussaint
Journaliste-Rédactrice à Hebdo24 | Politicienne | Experte en Relations Internationales 📩 : jenny@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @jennyhebdo24

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