Le mouvement citoyen Nou Bouke a vivement dénoncé, dans une note rendue publique, les déclarations de la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, prononcées le 20 juillet devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. L’organisation estime que la cheffe de la diplomatie haïtienne a présenté une image « fausse » de la situation du pays et réclame sa démission.
Dans son intervention devant le Conseil de sécurité, la ministre avait affirmé qu’« Haïti est aujourd’hui plus près qu’elle ne l’a été depuis des années de rétablir la sécurité et d’organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participatives ». Une déclaration que Nou Bouke juge en total décalage avec la réalité. « La ministre a présenté une image fausse et déconnectée de la réalité que vivent quotidiennement les millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens », soutient le mouvement dans son communiqué.
Pour étayer sa position, Nou Bouke évoque la persistance de la crise sécuritaire et humanitaire. Le mouvement rappelle que plus de 1 600 personnes ont été tuées au cours du premier trimestre de 2026, tandis que près de 1,5 million d’Haïtiens sont déplacés à l’intérieur du pays, affirmant que les groupes armés poursuivent leur expansion dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le communiqué cite également la situation à Kenscoff, où les attaques répétées de groupes armés auraient causé au moins 262 morts et 66 blessés, détruit près de 190 habitations et provoqué le déplacement de plusieurs milliers de personnes.
Nou Bouke estime en outre que la fermeture prolongée de l’aéroport international Toussaint Louverture constitue un autre indicateur de la dégradation de la situation sécuritaire. « Les conditions minimales de sécurité sont loin d’être réunies », affirme l’organisation, rappelant les mobilisations de la diaspora haïtienne et de ses militants en faveur de la réouverture de l’infrastructure aéroportuaire. Au-delà des questions sécuritaires, le mouvement critique le bilan diplomatique de la ministre Raina Forbin. Il lui reproche de ne pas avoir défendu efficacement les intérêts des ressortissants haïtiens à l’étranger, évoquant notamment la poursuite des expulsions de migrants haïtiens et les incertitudes entourant le Temporary Protected Status (TPS) aux États-Unis.
Nou Bouke dénonce également l’absence, selon lui, d’une réaction diplomatique suffisamment ferme face aux expulsions et aux mauvais traitements dont seraient victimes des Haïtiens en République dominicaine. « Le ministère des Affaires étrangères est demeuré largement silencieux et n’a pas apporté une réponse diplomatique à la hauteur de la gravité de la situation », affirme le mouvement.
Dans sa déclaration, Nou Bouke accuse également la ministre d’avoir porté atteinte à l’image du pays sur la scène internationale. « En présentant une réalité falsifiée devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, Madame Raina Forbin a porté atteinte à la crédibilité d’Haïti. Elle a également trahi la souffrance de la diaspora haïtienne », peut-on lire dans le document.
Estimant que la ministre « choisit le mensonge, la manipulation et le mépris envers le peuple haïtien et sa diaspora », le mouvement conclut qu’elle « ne peut plus représenter dignement la République d’Haïti sur la scène internationale ». En conséquence, Nou Bouke demande officiellement la démission de Raina Forbin de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères et des Cultes. Le communiqué est signé par Farah Maitre, coordonnatrice du mouvement, et Moïse Eugène, coordinateur.

