Alors que les tensions entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et le Gouvernement semblent connaître une phase d’accalmie à la faveur d’initiatives de dialogue, le sociologue et diplomate Lauture Jacques estime qu’un simple accord entre les deux entités ne suffira pas à résoudre le conflit interinstitutionnel qui les oppose actuellement. Selon lui, les tensions observées traduisent une crise de confiance dont les répercussions pourraient affecter la crédibilité du processus électoral.
« À l’image d’un verre brisé qui, même réparé, conserve toujours ses fissures, une confiance altérée laisse subsister des fragilités », affirme-t-il. Pour Lauture Jacques, dans le cadre d’élections appelées à déterminer l’avenir institutionnel du pays, le moindre signe de méfiance entre les acteurs concernés est susceptible d’exacerber les tensions et d’entamer la légitimité des résultats.
Le sociologue rappelle également qu’aucune institution publique, qu’elle soit indépendante ou autonome, ne saurait s’ériger en contre-pouvoir ni en protagoniste face aux autres composantes de l’administration publique. « L’État est un et indivisible ; ses institutions sont appelées à coopérer dans le respect de leurs compétences respectives et dans la poursuite d’un objectif commun », soutient-il.
Dans cette perspective, Lauture Jacques considère que le renouvellement des conseillers électoraux mérite d’être sérieusement envisagé afin de restaurer la confiance, de garantir la sérénité du processus et de préserver l’intégrité des prochaines échéances électorales.
Se référant au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, il encourage le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en sa qualité de garant de la bonne marche des institutions, à engager des consultations avec les secteurs concernés en vue de la désignation de nouvelles personnalités au sein du CEP. Selon lui, ces dernières devraient être en mesure d’inspirer davantage de confiance et de favoriser une coopération institutionnelle plus apaisée.
Au-delà des considérations institutionnelles, Lauture Jacques appelle à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation sur les intérêts particuliers. Il met en garde contre le risque d’entraîner le pays dans une nouvelle crise dont la population, déjà durement éprouvée, subirait une fois de plus les conséquences.
« Faisons en sorte que cette transition soit la dernière et qu’elle ouvre enfin la voie à une stabilité institutionnelle durable », conclut le sociologue et diplomate, qui plaide pour une approche fondée sur le dialogue, la responsabilité et la recherche du consensus au service de l’intérêt national.

