Alors qu’Haïti s’enfonce chaque jour davantage dans une crise sécuritaire sans précédent, une interrogation gagne de plus en plus l’opinion publique : le Ministère du Tourisme, dirigé par la ministre Stéphanie Smith, peut-il réellement justifier ses dépenses dans le contexte actuel ?
Le pays traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Des quartiers entiers sont contrôlés par des gangs armés, les déplacements deviennent dangereux, les activités économiques ralentissent considérablement et des milliers de familles vivent dans la peur permanente.
Dans ce climat de chaos, l’idée même de promouvoir Haïti comme destination touristique suscite incompréhension et indignation chez de nombreux citoyens.
Pendant que les forces de sécurité peinent à reprendre le contrôle de certaines zones stratégiques, que les déplacés internes se multiplient et que plusieurs institutions publiques manquent cruellement de ressources, le Ministère du Tourisme continue néanmoins d’engager des dépenses importantes dans des activités promotionnelles, des événements officiels, des missions à l’étranger et des opérations de communication institutionnelle.
La ministre Stéphanie Smith est aujourd’hui interpellée, directement ou indirectement, sur la pertinence de ces choix budgétaires.
Quels résultats concrets ces dépenses produisent-elles dans un pays où le tourisme est pratiquement paralysé par l’insécurité ? Combien de visiteurs étrangers choisissent encore Haïti comme destination touristique dans les conditions actuelles ? Quels bénéfices économiques réels le secteur génère-t-il aujourd’hui pour la population ?
Aucun slogan, aucune campagne publicitaire, aucune conférence internationale ne peut masquer la réalité d’un pays où les enlèvements, les affrontements armés et les attaques contre les infrastructures publiques occupent quotidiennement l’actualité.
Le malaise grandit d’autant plus que certaines initiatives du ministère donnent parfois l’impression d’une administration évoluant en marge des urgences nationales. Entre cérémonies protocolaires, activités médiatiques et dépenses de visibilité, beaucoup dénoncent un décalage choquant entre les priorités gouvernementales et les souffrances réelles de la population.
Pourtant, personne ne conteste le potentiel touristique d’Haïti. Le pays possède un patrimoine historique exceptionnel, une culture vibrante, des paysages remarquables et une identité unique dans la Caraïbe. Mais ce potentiel demeure aujourd’hui étouffé par l’effondrement de la sécurité nationale.
Dans ce contexte, plusieurs voix réclament davantage de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués au Ministère du Tourisme.
Quels projets sont financés et surtout quelles retombées concrètes ces investissements produisent dans un pays quasiment absent des grands circuits touristiques internationaux ?
La question n’est donc pas uniquement celle du tourisme. Elle touche plus largement à la gouvernance publique, à la hiérarchisation des priorités nationales et à la responsabilité des dirigeants face à une population plongée dans une détresse grandissante.
Aujourd’hui, beaucoup estiment que chaque gourde engagée par l’État devrait prioritairement servir à renforcer la sécurité, soutenir les déplacés, stabiliser les institutions essentielles et répondre à l’urgence humanitaire. Dans un tel contexte, le Ministère du Tourisme et la ministre Stéphanie Smith devront inévitablement répondre aux critiques et convaincre la population que leurs dépenses correspondent réellement aux besoins du pays.

