La déclaration du ministre du Commerce, James Monazard, reconnaissant que plus de 92 % de l’eau consommée dans la région métropolitaine serait non conforme, a le mérite de la clarté.
Rare aveu dans un environnement institutionnel souvent marqué par l’opacité, il met en lumière une réalité sanitaire préoccupante et largement sous-estimée.
Mais la transparence ne suffit pas. Elle n’a de valeur que si elle débouche sur des actions concrètes, rapides et mesurables.
Or, face à une situation aussi grave, l’État haïtien reste pour l’instant dans une logique déclarative, multipliant les annonces de contrôles renforcés sans calendrier précis ni mécanisme d’évaluation publique.
« La transparence institutionnelle ne vaut que lorsqu’elle se traduit par des décisions visibles et mesurables. »
Le problème dépasse largement un simple dysfonctionnement du marché de l’eau. Il s’agit d’une défaillance structurelle de régulation, où l’absence de contrôle effectif a permis la prolifération de produits potentiellement dangereux pour la santé publique.
La responsabilité du secteur privé est indéniable, mais elle ne peut occulter celle de l’État, garant de la sécurité sanitaire.
Une réponse crédible implique des mesures immédiates : publication régulière des analyses, fermeture des unités non conformes, sanctions effectives et coordination étroite avec le ministère de la Santé publique.
Sans ces actions, les engagements actuels risquent de rejoindre la longue liste des réformes annoncées mais jamais appliquées.
Dans un contexte où la qualité de l’eau touche directement à la survie quotidienne, l’inaction n’est plus une option administrative, mais un risque collectif majeur.

