Le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » prend de l’ampleur sur la scène politique haïtienne. Au cours du week-end, de nouvelles forces ont officialisé leur adhésion à ce document présenté comme la feuille de route de la transition. Parmi elles, Fanmi Lavalas a confirmé sa signature par l’entremise de Paul Pierre-Louis, agissant au nom du parti fondé par Jean-Bertrand Aristide.
Dans la foulée, plusieurs autres formations ont rejoint l’initiative, notamment le PHTK, l’OPL, Konba ainsi que diverses structures politiques et organisations de la société civile. Selon les chiffres avancés par les organisateurs, le nombre de signataires dépasse désormais la centaine.
Depuis samedi, l’hôtel Ritz Kinam s’est imposé comme le point de convergence des délégations venues parapher l’accord. Parmi les entités représentées figurent le Bloc démocratique pour l’avancement d’Haïti dirigé par l’ancien président de la Chambre des députés Tholbert Jean, le parti ATHA du professeur Jean David Geneste, le parti SOLID du sénateur Evalière Beauplan, ainsi que des formations telles que EDE, le Congrès Patriotique, ASE et l’Espace de Réflexion 21 Décembre.
Au-delà de la portée symbolique, le Pacte s’articule autour de trente articles destinés à encadrer la période intérimaire ouverte depuis le 7 février 2026. Le texte précise qu’en vertu de son article 2, le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, exerce le pouvoir exécutif durant la transition. Il érige en priorité la restauration de la sécurité, condition jugée indispensable à la tenue d’élections inclusives et crédibles.
Le document engage l’exécutif à renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale et des Forces armées, à sécuriser les axes routiers stratégiques, à assurer le contrôle des espaces maritime et aérien et à formaliser un protocole de coopération avec la Force de Répression des Gangs. Il prévoit également la relance de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion, ainsi que la mise en œuvre de programmes socioéconomiques ciblant les quartiers vulnérables et les zones rurales.
Le Pacte met en avant la neutralité des membres du gouvernement, la modernisation de l’administration électorale et la fiabilité du registre d’identification à travers l’ONI. Il encourage l’utilisation des technologies numériques pour la publication rapide des résultats et ouvre la voie à une participation accrue de la diaspora. Un comité consultatif est par ailleurs annoncé pour accompagner la mise en œuvre de la feuille de route et le respect du calendrier.
Pour le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, cette série de ralliements marque une étape politique significative. Après une période de fortes tensions à l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le chef du gouvernement apparaît désormais à la tête d’un consensus élargi. Si les défis sécuritaires demeurent considérables, l’adhésion massive au Pacte renforce sa position et lui confère un appui politique supplémentaire pour conduire la transition vers les élections annoncées.
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