Vers des poursuites pour « biens mal acquis » : le parquet de Port-au-Prince semble à l’aube d’un test décisif pour la crédibilité de l’État. Les soupçons de dissimulation d’actifs visant d’anciens membres du Conseil des Présidents de la Transition (CPT), par le biais de prête-noms, imposent une réponse judiciaire méthodique, fondée sur le droit et affranchie de toute pression politique.
L’éventualité d’un gel conservatoire des avoirs et d’une interdiction de sortie du territoire n’a rien d’excessif. Ce sont des mesures classiques de police judiciaire, destinées à préserver les éléments patrimoniaux en vue d’une éventuelle confiscation ou restitution.
Dans un contexte marqué par des révélations sur le coût exorbitant des conseillers et par des sanctions internationales, l’inaction serait interprétée comme une complaisance. La démarche de Frinel Joseph, qui a déposé sa déclaration de patrimoine au Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, rappelle opportunément que la loi de 2008 sur la déclaration de patrimoine n’est pas facultative. Elle constitue un instrument central de prévention de l’enrichissement illicite.
Encore faut-il que les institutions de contrôle — l’ULCC, la CSCCA, l’UCREF — disposent des moyens et de l’indépendance nécessaires pour exploiter ces déclarations et croiser les flux financiers. Le Premier ministre Fils-Aimé est attendu sur un point précis : garantir que le parquet agisse sans interférence.
Une procédure rigoureuse, respectueuse des droits de la défense, mais implacable face aux preuves, enverrait un signal clair. Cette transition doit être le point de départ d’une véritable culture de reddition des comptes.
Soutenez Hebdo24 : pour une information libre et fiable.
Faire un don








