Massacre à Kenscoff : plusieurs morts enregistrés, l’échec sécuritaire de Vladimir Paraison et d’Éric Prince confirmé

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Un nouveau drame sanglant est venu mettre à nu, une fois de plus, l’incapacité des autorités haïtiennes à assurer la sécurité de la population. Dans la nuit du dimanche 23 août 2026, des hommes lourdement armés ont lancé une attaque contre plusieurs secteurs du centre-ville de Kenscoff, faisant plusieurs morts et incendiant des habitations ainsi que des lieux de culte. Selon le maire de Kenscoff, Massillon Jean, plusieurs habitants ont été tués au cours de cette offensive. Une église qui servait de refuge à des personnes déplacées a notamment été prise pour cible et incendiée après que ses occupants eurent été massacrés. Des enfants figureraient parmi les victimes.

La violence s’est également propagée à proximité immédiate du commissariat de police de Kenscoff, une situation qui soulève de graves interrogations sur la capacité des forces de sécurité à protéger même les zones censées bénéficier d’une présence policière renforcée. Parmi les propriétés incendiées figure celle du docteur William Pape, fondateur des centres GHESKIO. Le maire rapporte que le gardien de la propriété a été assassiné et que plusieurs animaux, dont un chien et des chevaux, ont également été tués. « Chez le docteur Pape, ils ont assassiné le gardien, tué le chien et des chevaux », a déploré Massillon Jean, appelant les autorités à mener de véritables opérations contre les groupes armés qui terrorisent la commune.

Ce nouveau massacre relance surtout le débat sur la direction de la Police nationale d’Haïti (PNH). À la tête de l’institution, Vladimir Paraison est désormais confronté à une série de questions auxquelles les autorités doivent répondre. Malgré les moyens humains, matériels et financiers mobilisés au nom de la lutte contre l’insécurité, les groupes armés continuent d’étendre leur emprise et de frapper des populations civiles avec une facilité déconcertante. Kenscoff en est une nouvelle illustration. L’attaque, menée dans une zone stratégique de la région métropolitaine, démontre que la PNH peine encore à anticiper les offensives des groupes armés, à protéger les populations vulnérables et à reprendre durablement le contrôle des territoires. L’efficacité du commandement de Vladimir Paraison est donc de plus en plus questionnée. Une direction policière ne peut être évaluée uniquement à travers des communiqués, des opérations ponctuelles ou des annonces. Elle doit également être jugée sur sa capacité à empêcher les massacres, protéger les civils et restaurer l’autorité de l’État. Le drame de Kenscoff constitue, à cet égard, un sérieux revers.

L’autre grande interrogation concerne le rôle d’Éric Prince et l’utilisation des ressources engagées par le gouvernement haïtien dans le cadre de sa stratégie de sécurité. Le gouvernement a consacré d’importantes sommes d’argent à cette initiative, nourrissant l’espoir d’une amélioration substantielle de la situation sécuritaire. Pourtant, sur le terrain, la population continue de subir massacres, déplacements forcés, incendies et attaques armées. Cette situation impose une question simple : quels résultats concrets ont été obtenus en contrepartie des sommes considérables mobilisées par l’État ?

Si des fonds publics importants ont effectivement été versés pour renforcer la lutte contre les groupes armés, les autorités doivent rendre des comptes sur leur utilisation et sur les résultats obtenus. Il ne suffit pas d’injecter de l’argent dans une stratégie sécuritaire : encore faut-il que cet investissement produise des résultats mesurables pour la population. À Kenscoff, comme dans plusieurs autres zones du pays, ces résultats demeurent difficiles à percevoir.

Le massacre de Kenscoff ne constitue pas seulement un nouvel épisode de violence. Il est aussi le symptôme d’une crise profonde de l’État haïtien.

Des citoyens ont été tués chez eux, des personnes déplacées ont été attaquées dans un lieu censé leur servir de refuge et des propriétés ont été incendiées à proximité d’un commissariat. Une telle situation traduit un effondrement préoccupant des mécanismes de protection de la population.

Face à cette réalité, les autorités ne peuvent plus se contenter de dénoncer les violences après chaque massacre. Elles doivent expliquer pourquoi les renseignements n’ont pas permis d’anticiper l’attaque, pourquoi les forces de sécurité n’ont pas pu protéger les habitants et quelles mesures concrètes seront prises pour empêcher la répétition d’un tel drame. Et pour la PNH comme pour les responsables de la stratégie sécuritaire financée par l’État, le massacre du 23 août constitue un test majeur de crédibilité.

Jenny Toussaint
Journaliste-Rédactrice à Hebdo24 | Politicienne | Experte en Relations Internationales 📩 : jenny@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @jennyhebdo24

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