À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée ce 12 août, le journaliste GeorGes Emmanuel Allen appelle la jeunesse haïtienne à rompre avec la passivité et à investir davantage l’espace public. Dans un pays confronté à une crise multidimensionnelle, il estime que les jeunes doivent cesser d’être de simples témoins des bouleversements en cours pour devenir des acteurs à part entière de la transformation nationale.
Insécurité, chômage, précarité, difficultés d’accès à l’éducation et absence de perspectives : le quotidien d’une grande partie de la jeunesse haïtienne est marqué par une accumulation de défis. Pour GeorGes Allen, ces réalités ne doivent toutefois pas conduire au renoncement.
Journaliste à Radio Télévision Caraïbes (RTVC), juriste de formation et étudiant en sociologie, il plaide pour une implication plus importante des jeunes dans la vie publique. À ses yeux, leur participation ne saurait se résumer aux campagnes électorales, lorsqu’ils sont mobilisés comme électeurs, militants ou agents de mobilisation. La jeunesse doit également investir les espaces de réflexion, de décision et de construction des politiques publiques.
« Le temps d’attendre est révolu, le temps d’agir est venu », soutient le journaliste, qui encourage les jeunes à privilégier la formation, la discipline intellectuelle, l’esprit critique et l’engagement citoyen.
Cette vision se reflète également dans son travail à la RTVC. À travers l’émission « Agora », GeorGes Allen entend offrir une tribune aux jeunes afin qu’ils puissent exposer leurs idées, confronter leurs points de vue et débattre des grands enjeux de la société haïtienne. L’objectif, explique-t-il, est de favoriser l’émergence d’une génération mieux préparée à exercer des responsabilités dans les domaines politique, économique, social et culturel.
Pour le journaliste, la transformation d’Haïti ne saurait être réduite à un simple changement d’hommes ou de femmes à la tête des institutions. Elle suppose également une évolution profonde des mentalités et des comportements, ainsi qu’une nouvelle conception de la citoyenneté et de l’exercice des responsabilités.
Dans ce contexte, l’exil, le découragement et le désengagement constituent, selon lui, autant de risques pour une génération confrontée à des perspectives limitées. Mais la jeunesse demeure aussi l’une des principales forces sur lesquelles le pays peut compter. Formation, entrepreneuriat, innovation, organisation collective et participation citoyenne peuvent, à ses yeux, devenir des leviers de changement.
La Journée internationale de la jeunesse offre ainsi l’occasion de dépasser les discours convenus sur la jeunesse haïtienne. Celle-ci n’est pas uniquement appelée à hériter d’un pays en crise : elle est également appelée à contribuer à définir le pays de demain.
La question n’est donc plus seulement de savoir quelle place sera accordée aux jeunes dans la société. Elle est aussi de déterminer ce que ces derniers sont prêts à faire pour conquérir cette place et assumer les responsabilités qui l’accompagnent.
Pour GeorGes Emmanuel Allen, le message est clair : la jeunesse haïtienne doit passer du rôle de spectatrice à celui d’actrice et transformer son potentiel en engagement concret au service du pays.

