Neuf mois. C’est le temps qu’il faut pour donner la vie. C’est aussi, dans le cas du mandat du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, le temps qu’il a fallu pour constater un échec patent, une incapacité criante à incarner le rôle de chef de gouvernement que la nation haïtienne exigeait pourtant dans l’urgence.
Nommé dans un contexte de chaos et d’effondrement institutionnel, porté par un espoir mince mais bien réel, M. Fils Aimé devait être le pilote dans la tempête, l’architecte d’une transition crédible et le soutien indéfectible du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Force est de constater, aujourd’hui, qu’il n’a été ni l’un ni l’autre. L’échec est total.
La raison de ce naufrage est double, et elle était malheureusement prévisible : un manque d’expérience politique criard et l’absence des compétences nécessaires pour naviguer dans les eaux extrêmement périlleuses de la crise haïtienne.
Gouverner Haïti aujourd’hui n’est pas un exercice de routine administrative. C’est un art de la guerre politique, de la diplomatie subtile, de la négociation acharnée avec des forces antagonistes et de la gestion de crise en mode permanent.
Face à la complexité apocalyptique de la situation – l’insécurité généralisée, une économie exsangue, une famine rampante et des institutions en lambeaux –, le Premier ministre a donné l’image d’un homme dépassé, en retrait, souvent absent du débat ou cantonné à des déclarations sans portée ni vision.
Incarner un rôle, c’est plus que l’occuper ; c’est le remplir de sa vision et de sa détermination.
Pire encore, son manque de leadership n’a pas offert au CPT le soutien opérationnel et politique dont il avait désespérément besoin.
Au lieu d’être le bras armé de la transition, le gouvernement est apparu comme une entité fantomatique, paralysée par l’indécision et l’amateurisme.
Comment, dans de telles conditions, rétablir l’autorité de l’État ? Comment engager les réformes indispensables ? Comment rassurer une population martyrisée et des partenaires internationaux devenus sceptiques ?
Les conséquences de cette vacance au sommet sont tangibles chaque jour : la gangrène de l’insécurité continue de se propager, l’aide humanitaire peine à atteindre ceux qui en ont besoin, et l’espoir d’élections crédibles s’amenuise un peu plus.
Chaque jour perdu par un gouvernement inefficace est une victoire pour les forces du chaos.
Il ne s’agit pas ici de verser dans un pessimisme stérile, mais de tirer un constat objectif, aussi brutal soit-il, pour alerter et appeler à une correction urgente de la trajectoire.
La mission confiée à Alix Didier Fils Aimé était peut-être mission impossible, mais son bilan, à ce stade, est sans appel : naufrage.
📲 Ne ratez rien avec Hebdo24
Recevez directement nos dernières nouvelles
sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
Rejoindre la chaîne WhatsApp Hebdo24