Le Conseil électoral provisoire (CEP) a franchi une nouvelle étape dans la préparation des prochaines élections. À l’issue de la période d’enregistrement, l’institution électorale a arrêté à 105 le nombre de structures politiques agréées, soit 88 partis politiques et 17 regroupements. Au-delà des chiffres, cette nouvelle configuration dessine les contours d’un paysage politique particulièrement fragmenté, marqué à la fois par la présence de formations établies, l’émergence de nouvelles organisations et la multiplication des alliances en vue de la prochaine compétition électorale.
La liste définitive publiée par le CEP constitue ainsi une première photographie des forces politiques admises à poursuivre leur parcours dans le processus électoral. Le verdict administratif est désormais connu : 88 partis politiques ont obtenu leur agrément, auxquels s’ajoutent 17 regroupements politiques, portant à 105 le nombre total de structures reconnues par le CEP. Parmi les partis figurent plusieurs formations bien connues du paysage politique haïtien, notamment Fanmi Lavalas, OPL, INITE, Fusion et Ayiti An Aksyon (AAA). À leurs côtés apparaissent des organisations plus récentes ou moins implantées dans l’opinion, telles que EDE, Fòs Pèp La, Pati Politik Peyizan, Pati Chimen Limyè, Pati Kreyòl Nou Ye et Réveil d’Haïti. Une absence retient toutefois particulièrement l’attention : la plateforme Pitit Desalin de Moïse Jean-Charles ne figure pas sur la liste définitive publiée par le CEP.
Cette diversité de formations confirme une tendance déjà observée : le champ politique haïtien demeure profondément morcelé, avec une multitude d’acteurs cherchant à se positionner dans la perspective des prochaines échéances électorales. À cette multitude de partis s’ajoutent 17 regroupements politiques. Parmi eux figurent KAPAB, Platfòm Rekonsilye, PPGA, Debout Patriotes, Delivrans, Ayiti Transfòme, En Avant pour Haïti, LAPEH ak Alye’l yo, Viktwa, Solèy ainsi que Coppos-Haïti et Alliés. La multiplication de ces regroupements traduit une volonté de plusieurs formations de dépasser leurs limites individuelles pour constituer des plateformes électorales plus larges.
Dans un environnement politique aussi fragmenté, les alliances pourraient donc jouer un rôle déterminant. Mais l’agrément accordé par le CEP ne garantit ni la solidité de ces coalitions, ni leur capacité à mobiliser durablement l’électorat. Il leur faudra désormais démontrer leur cohérence politique, leur implantation territoriale et leur capacité à transformer leur présence institutionnelle en véritable force électorale.

