Alix Didier Fils-Aimé : une promesse de sécurité jamais tenue après 21 mois au pouvoir

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Le 11 novembre 2024, Alix Didier Fils-Aimé accédait à la Primature avec une promesse centrale : rétablir la sécurité et reprendre le contrôle du territoire. Sa prise de fonction intervenait alors que les gangs étendaient déjà leur emprise sur Port-au-Prince et ses environs.

Vingt et un mois plus tard, cette promesse ressemble davantage à un engagement abandonné qu’à un objectif atteint. Au moment de son installation, le nouveau chef du gouvernement avait fait de la sécurité une priorité. Quelques jours plus tard, son gouvernement annonçait même des mesures exceptionnelles, dont la déclaration de l’état d’urgence sécuritaire et la création envisagée d’outils destinés à renforcer la réponse de l’État. Mais derrière les annonces, les résultats concrets tardent toujours à apparaître.

Vingt et un mois après, le constat est accablant. La question n’est plus de savoir si le gouvernement Fils-Aimé a annoncé des mesures. Il en a annoncé beaucoup. La véritable question est de savoir ce qui a réellement changé pour les citoyens. À Port-au-Prince, la situation sécuritaire s’est profondément détériorée. Les groupes armés ont consolidé leur présence dans la capitale et ont étendu leurs activités à de nouveaux territoires. Les enlèvements, les assassinats, les déplacements forcés et les violences sexuelles continuent de faire partie du quotidien de milliers de familles.

Le cas de Delmas est particulièrement révélateur. Cette commune, autrefois considérée comme l’un des espaces relativement accessibles de l’aire métropolitaine, est désormais confrontée à une recrudescence des enlèvements et à une pression croissante des groupes armés. Les autorités sont contraintes de multiplier les réunions de crise alors que la population réclame avant tout une présence effective de l’État et une protection réelle. Autrement dit, après près de deux ans, le citoyen ne mesure pas l’action gouvernementale au nombre de conseils des ministres, de réunions stratégiques ou de déclarations publiques. Il la mesure à sa capacité de sortir de chez lui sans craindre d’être kidnappé.

La promesse de reprendre le contrôle. Lors de son arrivée au pouvoir, Fils-Aimé héritait certes d’une situation extrêmement difficile. Les gangs avaient déjà pris le contrôle d’une grande partie de Port-au-Prince. Les rapports internationaux faisaient état d’une réponse étatique faible et d’une capacité limitée des forces de sécurité à contenir les groupes criminels. Mais précisément pour cette raison, la responsabilité du nouveau gouvernement était considérable : transformer l’urgence sécuritaire en résultats. Or, au fil des mois, le discours gouvernemental a souvent donné l’impression que la solution était toujours à venir : renforcement de la Police nationale, appui international, opérations annoncées, nouvelles stratégies, réunions de haut niveau et promesses de reconquête du territoire. Pendant ce temps, les gangs ont continué à gagner du terrain.

Jenny Toussaint
Journaliste-Rédactrice à Hebdo24 | Politicienne | Experte en Relations Internationales 📩 : jenny@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @jennyhebdo24

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