Le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) a lancé officiellement, ce vendredi 18 septembre 2026, la revue du portefeuille des programmes et projets financés par des ressources externes au cours de l’exercice 2025-2026. Cette initiative vise notamment à évaluer l’état d’avancement des projets, leur performance financière et technique, ainsi que leur cohérence avec les priorités nationales de développement.
À l’occasion de cette activité, la ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon, a présenté cette revue comme un outil stratégique devant favoriser davantage de coordination entre les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers. Dans son intervention, la ministre a insisté sur trois principes qu’elle considère essentiels dans la gestion de l’aide externe : l’appropriation nationale, l’efficacité et l’obtention de résultats, ainsi que la responsabilité mutuelle entre les différents acteurs.
« Haïti ne saurait être simplement le lieu d’exécution d’une multitude de projets. Haïti doit être l’acteur principal de la définition, de l’orientation et du suivi-évaluation des interventions qui concourent à son développement », a déclaré Sandra Paulemon. La titulaire du MPCE a également appelé à une meilleure coordination des interventions des différents partenaires, particulièrement lorsque plusieurs projets ciblent les mêmes secteurs ou les mêmes zones géographiques. Elle estime qu’une telle coordination doit permettre de réduire les duplications, de renforcer les complémentarités et de mieux orienter les ressources disponibles vers les besoins jugés prioritaires.
Sandra Paulemon a par ailleurs salué la remise en ligne du Module de Gestion de l’Aide Externe (MGAE), présenté comme un outil destiné à améliorer le suivi des financements et des interventions des partenaires. Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, Fritz Gérald Louis a, pour sa part, mis l’accent sur la nécessité d’une gestion plus efficace des ressources mobilisées en faveur du développement. Il a notamment souligné l’importance d’une meilleure articulation entre la planification, la mobilisation des ressources, la programmation budgétaire et l’exécution des projets.
Le directeur général du MPCE, Guy Roméro Latry, a rappelé que la revue constitue également un mécanisme de suivi et de coordination. Selon lui, les institutions nationales et les partenaires techniques et financiers doivent disposer d’une compréhension commune de l’état d’avancement des projets, des résultats obtenus et des difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre. Présentant les données relatives au portefeuille actif des bailleurs, la directrice de la Direction de la Coopération Externe (DCE), Yvrose Guerrier, a indiqué que celui-ci représente un montant global de 364,75 milliards de gourdes. Sur cette enveloppe, 141,29 milliards de gourdes ont déjà été décaissés, soit un taux de décaissement de 38,74 %. Le montant restant à décaisser est estimé à 223,46 milliards de gourdes.
Le portefeuille comprend 118 lignes de financement correspondant à 112 projets distincts. La revue doit notamment permettre d’évaluer la performance technique et financière de ces projets, d’identifier les principaux obstacles à leur exécution et de mesurer leur niveau d’alignement avec les priorités nationales. De son côté, la coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies en Haïti, Nicole Boni Kouassi, a souligné l’importance de la coordination des interventions en matière de développement. Elle a présenté la revue comme un espace de dialogue entre les autorités haïtiennes, les partenaires techniques et financiers et les organisations chargées de la mise en œuvre des projets.
La présidente du Cadre de Liaison Inter-Organisations (CLIO), Annalisa Lombardo, a également réaffirmé la disponibilité de cette structure à contribuer au renforcement du dialogue entre les institutions haïtiennes et les partenaires au développement. Intervenant par visioconférence, Luca Trinchieri, chef d’équipe et responsable de la coopération avec Haïti au sein de l’Union européenne, a, lui aussi, rappelé l’importance de la coopération entre l’UE et Haïti.
À travers cette revue, le MPCE entend établir un état des lieux plus précis de l’exécution des programmes et projets financés par des ressources externes et dégager, avec les institutions concernées et les partenaires, des mesures destinées à résoudre les principales contraintes identifiées.

