Melchie Daëlle Dumornay n’est plus une surprise dans le paysage du football féminin mondial. Pour la deuxième année consécutive, l’internationale haïtienne figure parmi les 30 joueuses nommées pour le Ballon d’Or féminin 2026, une reconnaissance qui vient couronner une saison particulièrement aboutie avec OL Lyonnes, club de première division en France.
Cette deuxième nomination confirme surtout que la saison de la joueuse haïtienne de 23 ans n’est pas passée inaperçue. Lors de sa première apparition dans le classement, en 2025, Dumornay avait terminé 18e avec 27 points, devenant la première Haïtienne de l’histoire à être nommée pour le Ballon d’Or.
Dumornay a pesé dans les grands rendez-vous
Avec OL Lyonnes, la Grenadière a été l’une des figures centrales d’une saison historique. Le club lyonnais a remporté le championnat de France, la Coupe de France et la première édition de la LFFP Cup, réalisant ainsi un triplé national. OL Lyonnes a également atteint la finale de la Ligue des champions féminine, avant de s’incliner 4-0 face au FC Barcelone.
Et Dumornay n’a pas simplement accompagné cette réussite collective : elle y a joué un rôle majeur.
La pépite haïtienne a terminé la saison 2025-2026 avec 22 buts et 12 passes décisives toutes compétitions confondues, tout en remportant trois trophées nationaux avec Lyon. Goal a classée Dumornay troisième candidate la plus susceptible de remporter le Ballon d’Or 2026, derrière Alexia Putellas et Ewa Pajor.
En finale de la LFFP Cup contre le Paris Saint-Germain, Dumornay a inscrit l’unique but de la rencontre, offrant à Lyon le premier trophée de cette nouvelle compétition. Quelques semaines plus tard, elle a encore marqué en finale de la Coupe de France avant de réaliser un triplé dans le match décisif pour le titre de champion de France.
Décisive en Ligue des champions
L’argument le plus solide en faveur de Dumornay reste peut-être sa capacité à élever son niveau sur la scène européenne. Elle est efficace et rappelle à tous pourquoi elle est la meilleure jeune joueuse du tournoi !
Au cours de la phase de ligue de la Ligue des champions 2025-2026, elle avait inscrit quatre buts et obtenu deux distinctions de joueuse du match. Elle était alors la meilleure buteuse de Lyon dans cette phase.
En quart de finale contre Wolfsburg, son but en prolongation a contribué à permettre à Lyon de renverser la situation et de se qualifier sur un score cumulé de 4-1. Mais c’est surtout sa prestation contre Arsenal en demi-finale retour qui a marqué les esprits.
Alors que Lyon devait remonter un déficit de 2-1 concédé au match aller, Dumornay a été omniprésente dans la victoire 3-1 des Lyonnaises. Elle a obtenu le penalty du premier but, participé à l’action du deuxième et délivré la passe décisive sur le troisième. L’Observatoire technique de l’UEFA l’a désignée Joueuse du match.
L’analyse de l’UEFA a particulièrement souligné son explosivité, ses courses vers la surface, sa créativité et sa discipline défensive. Autrement dit, Dumornay n’a pas seulement été une joueuse offensive : elle a influencé la rencontre dans plusieurs phases du jeu.
Elle a finalement été retenue dans le onze de la saison de la Ligue des champions 2025-2026, aux côtés notamment d’Alexia Putellas, Ewa Pajor, Wendie Renard et Selma Bacha.
Une reconnaissance individuelle
En championnat, l’Internationale haitienne a été élue meilleure joueuse de la saison par l’UNFP, après avoir enregistré sept buts et quatre passes décisives en seulement dix matches de championnat. Quelques jours plus tard, elle a également remporté le trophée de meilleure joueuse de la saison décerné par la Ligue féminine de football professionnel.
Cette double reconnaissance est importante. Le Ballon d’Or n’est pas uniquement une récompense collective : France Football indique que les votes prennent notamment en compte les performances individuelles, les succès collectifs et le talent associé au fair-play.
Pourquoi Dumornay mérite sa place?
Il serait difficile de prétendre que Dumornay est la favorite absolue du Ballon d’Or 2026. Certaines de ses concurrentes disposent d’un palmarès collectif encore plus impressionnant.
Ewa Pajor, par exemple, a remporté quatre trophées avec Barcelone, dont la Ligue des champions, et inscrit 33 buts et délivré sept passes décisives selon GOAL. Alexia Putellas, elle aussi avec Barcelone, a terminé la saison avec 24 buts et 13 passes décisives, en plus d’un quadruplé avec le club et d’un titre avec l’Espagne.
Néanmoins, Le dossier de l’Haitienne semble difficile à contester. Elle a été décisive dans les finales nationales. Elle a produit dans les grandes rencontres européennes. Elle a contribué au parcours de Lyon jusqu’en finale de la Ligue des champions. Elle a remporté trois titres nationaux. Elle a été élue meilleure joueuse du championnat français. Et elle a été sélectionnée dans l’équipe-type de la Ligue des champions.
GOAL va même plus loin en la plaçant troisième de son classement des prétendantes au Ballon d’Or, estimant qu’il serait surprenant qu’elle ne remporte pas un jour le trophée.
D’une première nomination à une véritable prétendante
Il y a surtout une différence entre la Dumornay de 2025 et celle de 2026. L’année dernière, sa nomination avait déjà une dimension historique : elle devenait la première Haïtienne à entrer dans le cercle des 30 nominées. Elle avait ensuite terminé 18e. Cette année, elle revient avec une saison qui lui donne davantage de poids dans la conversation.
L’UEFA la décrit comme une joueuse combinant vitesse, puissance, finition et créativité, tandis que ses performances européennes ont montré qu’elle pouvait influencer les plus grands matches. Elle est également devenue, pour la deuxième fois consécutive, lauréate du prix de Jeune joueuse de la saison de la Ligue des champions.
Son parcours est d’autant plus remarquable qu’il est parti de Mirebalais, où elle raconte avoir commencé à jouer au football dans les rues, parfois pieds nus, avec ses frères. Quelques années plus tard, la voilà installée parmi les 30 meilleures joueuses du monde.
Pour le football haïtien, cette deuxième nomination n’est donc plus simplement une anomalie ou un exploit isolé. Elle confirme l’installation de Melchie Dumornay au plus haut niveau du football féminin mondial.

