À l’occasion de la rentrée scolaire, l’affluence des parents devant les points de distribution des subventions du Fonds national de l’éducation (FNE) met une nouvelle fois en lumière les difficultés rencontrées par les familles haïtiennes pour bénéficier de l’aide annoncée par les autorités.
Alors que le FNE dispose de ressources importantes et que des annonces sont régulièrement faites autour du financement de l’éducation, la réalité vécue par les parents contraste fortement avec le discours officiel. Files d’attente interminables, désorganisation et incertitudes sur l’accès aux subventions alimentent la frustration.
Cette situation pose surtout une question de fond : les ressources mobilisées au nom de l’éducation profitent-elles réellement, et en priorité, aux familles qui en ont besoin ? Pour de nombreux parents, l’impression qui se dégage est que les fonds destinés à soutenir l’éducation sont absorbés par d’autres dépenses et mécanismes, alors que l’aide directe aux familles demeure insuffisante.
Le problème n’est donc pas uniquement celui de la distribution. Il concerne également la gestion et les priorités dans l’utilisation des ressources du FNE. Si des fonds sont collectés et mobilisés au nom de l’éducation, les parents sont en droit d’attendre de la transparence sur leur utilisation et des résultats concrets.
Le fiasco observé à l’occasion de cette rentrée scolaire devrait ainsi pousser les responsables du FNE à rendre des comptes sur les montants disponibles, les dépenses effectuées et la part effectivement consacrée aux subventions destinées aux parents. L’argent de l’éducation doit d’abord servir l’éducation et ceux qui la rendent possible : les élèves, les parents et les établissements scolaires.

