À l’ECOSOC, la ministre Sandra Paulemon plaide pour des Objectifs de développement durable adaptés aux pays vulnérables

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Prenant la parole lors du Segment de haut niveau du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon, a appelé la communauté internationale à repenser la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) afin qu’ils tiennent davantage compte des réalités des pays les plus fragiles, dont Haïti. Intervenant en qualité de répondante au panel ministériel consacré à l’accélération de l’Agenda 2030, la ministre a dressé un constat préoccupant sur l’état d’avancement des ODD. Selon elle, les progrès enregistrés demeurent insuffisants et inégalement répartis, tandis que les crises sécuritaires, économiques, climatiques et humanitaires continuent de compromettre les efforts de développement dans plusieurs régions du monde.

Dre Sandra Paulemon a notamment plaidé pour une réforme des mécanismes internationaux de financement du développement. Elle a estimé qu’aucune accélération crédible des ODD ne sera possible sans un accès plus équitable aux ressources financières, un allègement des contraintes liées à la dette, un meilleur transfert des technologies et une réforme de l’architecture financière internationale afin de renforcer la voix des pays en développement dans la gouvernance économique mondiale. La titulaire du ministère de la Planification a également défendu une approche plus flexible des ODD, estimant que leur mise en œuvre doit être adaptée aux contextes nationaux et aux vulnérabilités spécifiques des États confrontés à des crises multiples. Elle a souligné que les objectifs fixés par l’Agenda 2030 doivent rester universels, tout en intégrant les réalités sécuritaires, institutionnelles, climatiques et humanitaires auxquelles font face des pays comme Haïti.

Au cours de son intervention, la ministre a attiré l’attention sur la situation particulière des États de la Caraïbe, appelant à une meilleure prise en compte de leur vulnérabilité multidimensionnelle dans les critères d’accès aux financements internationaux. Pour Haïti, a-t-elle expliqué, les défis sécuritaires, sociaux, économiques et climatiques exigent une stratégie globale articulant sécurité, redressement économique, stabilisation institutionnelle, planification territoriale et investissements productifs. Évoquant la crise sécuritaire qui frappe le pays, Dre Sandra Paulemon a rappelé que l’insécurité compromet la mobilité des populations, l’accès aux services publics, la scolarisation, les activités économiques, la production agricole et la cohésion sociale. Elle a toutefois insisté sur le fait qu’Haïti ne se présente pas uniquement devant les Nations unies comme un pays en crise, mais également comme un État porteur d’une vision de développement fondée sur la planification, la cohérence des politiques publiques, la territorialisation des actions et la recherche de résultats concrets.

La ministre a présenté les principales priorités du gouvernement, notamment le rétablissement des conditions minimales de sécurité, le renforcement de la planification territoriale, le développement des infrastructures économiques et sociales, la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes, ainsi que le soutien à l’agriculture, aux petites et moyennes entreprises et aux filières locales. Cette stratégie, a-t-elle précisé, repose sur le nexus humanitaire-paix-développement, qui vise à relier l’aide d’urgence aux investissements de long terme pour favoriser une stabilité durable. Dre Sandra Paulemon a par ailleurs appelé à une coopération internationale davantage alignée sur les priorités définies par les autorités haïtiennes. Selon elle, les partenaires internationaux doivent privilégier des partenariats durables permettant de renforcer les institutions nationales et de produire des résultats tangibles au bénéfice de la population.

Enfin, la ministre a annoncé que le gouvernement haïtien entend réaliser, dès 2027, un examen national volontaire des Objectifs de développement durable. Cette évaluation permettra de mesurer les progrès accomplis, d’identifier les obstacles persistants et de renforcer l’intégration de l’Agenda 2030 dans les politiques publiques du pays. Par cette intervention à la tribune de l’ECOSOC, Haïti a réaffirmé son plaidoyer en faveur d’une gouvernance mondiale plus équitable, d’un financement international mieux adapté aux États vulnérables et d’une mise en œuvre des Objectifs de développement durable plus efficace et davantage ancrée dans les réalités nationales.

Bernadin Jules
Journaliste- Rédacteur, avocat et éducateur haïtien. 📩 Email: bernadinjules@hebdo24.com Suivez-moi sur X : @bernadinjules24

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