Vingt-cinq morts. À la Citadelle, ce symbole de la liberté haïtienne, des enfants ont été asphyxiés, piétinés, précipités dans les ravins. Non pas sous les balles d’un envahisseur, mais sous le poids de l’abandon.
L’État était absent. Les secours, inexistants. Et les responsables, introuvables.
Patrick Delatour, directeur de l’ISPAN, l’institution censée veiller sur notre patrimoine national, est pointé du doigt pour une faute lourde. Pendant ce temps, les familles enterrent leurs morts et les témoins crient leur colère.
Alors, la question qui brûle les lèvres de tout Haïtien : pourquoi n’arrête-t-on pas Patrick Delatour ?
Parce que dans ce pays, l’impunité est un système. Elle repose sur une vérité indicible : pour les puissants, l’incompétence criminelle n’est jamais un délit.
Négliger l’entretien d’un site historique, ignorer les rapports d’alerte, laisser les foules s’entasser sans aucun dispositif de sécurité : tout cela constitue une négligence grave.
C’est une faute lourde. Et quand cette faute coûte des vies humaines, elle s’apparente à un homicide involontaire.
Arrêter Patrick Delatour aurait une force symbolique immense. Ce serait dire à la nation : plus jamais un drame ne se produira sans que les responsables répondent de leurs actes.
Ce serait briser la routine de l’oubli, cette maladie haïtienne qui veut qu’après chaque catastrophe, on cherche des boucs émissaires parmi les victimes plutôt que des coupables parmi les décideurs.
Mais on ne l’arrête pas. Parce que le système protège les siens. Parce que l’impunité, en Haïti, a un visage : celui d’un homme qui, après vingt-cinq morts, peut encore dormir chez lui, libre.
Convoquons Patrick Delatour. Interrogeons-le. S’il est innocent, qu’il le prouve. Mais que cesse cette
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