L’affaire d’abus de fonction reprochée à Emmanuel Ménard au sein de l’Office national d’assurance vieillesse (ONA) ne saurait être réduite à un simple dossier administratif. Elle constitue un véritable test institutionnel pour l’État haïtien.
Lorsque les rapports de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) et de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) se perdent dans les limbes judiciaires, c’est l’État de droit lui-même qui vacille.
Selon une enquête de l’organisation Ensemble contre la corruption (ECC), les rapports transmis par l’ULCC et l’UCREF stagnent au sein d’un appareil judiciaire désorganisé, où plus de 42 % des dossiers seraient aujourd’hui introuvables. Ce chiffre, à lui seul, illustre l’ampleur du dysfonctionnement.
L’inaction procédurale, l’absence d’un système d’archivage fiable et le défaut de traçabilité des dossiers alimentent une culture d’impunité systémique qui mine la crédibilité des institutions.
Or, l’ONA administre l’épargne sociale des travailleurs. Toute suspicion de malversation dans une telle institution revêt une dimension à la fois éthique, sociale et politique particulièrement sensible.
Sans réforme structurelle du système judiciaire, sans numérisation intégrale des procédures et sans la création d’un pôle financier spécialisé capable de traiter efficacement les dossiers économiques et financiers, la lutte contre la corruption restera un slogan creux, incapable de restaurer la confiance publique.
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