À moins de trois semaines de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, le discours de Leslie Voltaire sur l’avenir du Conseil présidentiel de transition (CPT) connaît un revirement notable. Alors qu’il affirmait jusque-là que les membres du CPT quitteraient leurs fonctions à cette date, l’ex-coordonnateur du Conseil a tenu, le 18 janvier dernier, un tout autre propos devant certains partis politiques : le départ ne serait plus automatique. Ce changement de ton, intervenu dans un contexte politique déjà marqué par l’incertitude et la défiance, soulève de nombreuses interrogations. Selon des participants à la réunion, Leslie Voltaire a clairement laissé entendre que les conseillers pourraient rester en poste au-delà du 7 février, tout en évoquant une possible reconfiguration du CPT. Parmi les scénarios avancés figure la réduction de la composition du Conseil, qui passerait de neuf membres à cinq, voire à trois.
Cette volte-face contraste fortement avec les déclarations antérieures de l’ancien coordonnateur, qui insistait sur le caractère « obligatoire » du départ à l’expiration du délai fixé. À l’époque, ce discours visait à rassurer une partie de l’opinion publique et des acteurs politiques, soucieux d’éviter toute prolongation jugée illégitime du pouvoir de transition. Aujourd’hui, le changement de langage alimente les soupçons d’une manœuvre visant à gagner du temps ou à préserver un statu quo devenu fragile. Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle posture révèle surtout l’incapacité du CPT à préparer une sortie ordonnée de la transition et à proposer une alternative consensuelle avant la date butoir.
L’idée de ramener le Conseil à un format plus restreint est présentée par Leslie Voltaire comme une option pragmatique, susceptible de rendre l’organe plus fonctionnel. Mais cette proposition divise. Ses détracteurs y voient une tentative de contourner le débat central sur la légitimité du CPT après le 7 février, en modifiant la forme sans régler le fond. Réduire le nombre de conseillers ne répond en effet ni à la question du mandat, ni à celle de la base juridique d’un maintien au pouvoir. Au contraire, une telle réforme, opérée sans large consensus politique et social, risque d’approfondir la crise de confiance et d’accentuer les tensions entre les acteurs.
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