ÉDITORIAL JURIDIQUE — Emmanuel Tauleme BRINA
Les déclarations publiques du chef de gang « Lanmò San Jou » visant Andy Apaid,
en particulier les accusations impliquant des restes humains et des allégations de trafic d’organes,
imposent, au regard du droit public, une réaction institutionnelle immédiate.
Dans tout État de droit, la gravité de telles allégations oblige l’ouverture d’une
enquête judiciaire indépendante.
Or, ce n’est pas ce qui s’est produit.
La PNH, longtemps inerte face aux exactions commises à Croix-des-Bouquets, a soudainement mené des opérations massives
seulement après la diffusion des révélations. Cette synchronisation soulève des interrogations légitimes quant à :
- la neutralité de l’action policière,
- la protection éventuelle d’intérêts particuliers,
- et la violation du principe d’égalité devant la loi.
En tant que juriste, je rappelle que :
- La Constitution haïtienne exige la garantie de l’impartialité de la puissance publique.
- L’État a l’obligation d’enquêter sur toute atteinte potentielle à la vie et à la dignité humaine,
indépendamment du statut social des personnes impliquées. - L’omission d’agir peut constituer une faute lourde de l’administration, engageant sa responsabilité.
L’appel nécessaire : vérité, transparence, justice
Il ne s’agit pas de donner crédit aux paroles d’un criminel.
Il s’agit de reconnaître que les faits évoqués sont trop graves pour être étouffés, trop lourds pour être ignorés.
Haïti ne peut pas continuer d’étouffer les scandales quand ils touchent les puissants, tout en écrasant brutalement
ceux qui n’ont que leur parole et leurs armes pour exister dans un pays en ruine.
Pour cette raison, je demande publiquement :
- L’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante sur les allégations de trafic d’organes,
les terrains concernés et les ossements retrouvés. - Une communication officielle de la PNH expliquant le timing et les raisons de son opération éclair.
- Une garantie que l’enquête ne sera pas manipulée, ni réduite au silence par les réseaux d’influence
économique et politique.
Haïti ne peut plus être gouvernée par des ombres, des alliances inavouées et des opérations policières opportunistes.
Conclusion : La vérité n’a pas d’alliés… mais elle a des témoins
Face aux accusations les plus graves, face à un silence qui sent la connivence, face à une police qui agit
trop tard et trop vite, je choisis le camp de la vérité, même lorsqu’elle dérange.
L’histoire retiendra que certains ont choisi leur confort.
Moi, en tant que journaliste et juriste, je choisis mon devoir.
Le pays a droit à une justice impartiale, non à une justice sélective.
Emmanuel Tauleme BRINA
Journaliste – Juriste en Droit Public
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