À l’approche du 18 novembre, date hautement symbolique de la bataille de Vertières, le parti Fanmi Lavalas tente de redorer son image en publiant une note virulente contre le Conseil présidentiel de transition (CPT), accusant ce dernier d’« échec total », de corruption généralisée et de l’effondrement des institutions de l’État.
Cependant, cette prise de position soulève de nombreuses interrogations. Car derrière ce discours de dénonciation, plusieurs cadres de Fanmi Lavalas occupent actuellement des postes stratégiques au sein du pouvoir qu’ils critiquent. Le paradoxe est flagrant : comment un parti peut-il s’ériger en opposant d’un système dont il tire une part de son influence ?
Parmi les figures visibles du CPT, on retrouve Leslie Voltaire, membre du Conseil présidentiel, identifié comme un proche de Lavalas. Dans l’administration territoriale, Pierre Dimond Jean, délégué départemental du Sud, représente le pouvoir central dans une région clé.
D’autres institutions sensibles sont également dirigées par des figures associées à Lavalas :
- CONATEL (télécommunications) : Hugues Prévillon, DG.
- OFNAC (aviation civile) : Olivier Jean, DG.
- Ambassade d’Haïti au Canada : Anthony Dessources.
- Ambassade à l’UNESCO : Lila Desquiron.
Dans les collectivités locales, la mairie de Tabarre est dirigée par Arsonval Alexandre, maire intérimaire, dans une commune politiquement et sécuritairement stratégique.
Plusieurs ministres actuels sont également liés ou soutenus par le parti :
- Sinal Bertrand, ministre de la Santé publique.
- Antoine Augustin, ministre de l’Éducation nationale.
- Raphaël Hosty, ministre des Travaux publics.
Cette double posture, dénoncer tout en participant, soulève la question de la sincérité de Fanmi Lavalas dans son appel au changement. Loin d’être une force externe au pouvoir, le parti d’Aristide apparaît plutôt comme un acteur à part entière du système actuel. Cette stratégie pourrait donc être perçue non pas comme une rupture, mais comme une manœuvre de repositionnement politique à l’approche de futures échéances électorales.
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