La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, a réuni, ce lundi, plusieurs membres du gouvernement et des représentants de partenaires internationaux autour du Programme national de stabilisation et de relance économique, sociale et territoriale (PNSREST) 2026-2030. L’objectif est de définir un cadre commun d’intervention face aux conséquences de la crise sécuritaire, économique et sociale qui affecte le pays.
L’atelier d’examen et de validation des orientations stratégiques du programme a rassemblé notamment les ministres de l’Économie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, de la Condition féminine et des Droits de la Femme, de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, ainsi que des Affaires sociales et du Travail. Des représentants des Nations Unies, de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement (BID) ont également participé aux échanges. Élaboré sous la direction du gouvernement haïtien, à travers le MPCE, avec l’appui technique du système des Nations Unies, le PNSREST doit servir de cadre stratégique pour les actions de stabilisation et de relance au cours de la période 2026-2030. Le programme prévoit notamment de renforcer la présence et les capacités de l’État dans les territoires affectés par la crise, de rétablir l’accès aux services essentiels et de favoriser la création d’opportunités économiques, notamment dans les zones accueillant des personnes déplacées.
Le programme repose sur huit axes stratégiques portant sur la gouvernance, la sécurité et l’administration territoriale, la relance économique, les services sociaux de base, les infrastructures essentielles, l’environnement et la gestion des risques, la sécurité communautaire et le retour durable, le genre et l’inclusion, ainsi que le pilotage et la coordination des interventions. Les femmes et les jeunes figurent parmi les principaux groupes ciblés par cette stratégie. Le gouvernement entend également soutenir des initiatives susceptibles de favoriser une croissance inclusive, de créer des emplois décents et de réduire la vulnérabilité des communautés affectées par la crise.
Lors de l’atelier, Sandra Paulemon a défendu une approche visant à dépasser les réponses ponctuelles pour privilégier une action structurée, coordonnée et durable. La ministre a notamment insisté sur la nécessité de créer, dans les zones d’accueil et particulièrement en dehors de l’aire métropolitaine, des conditions permettant aux personnes déplacées qui le souhaitent de s’y établir durablement, grâce à l’accès aux services, à l’emploi et à la sécurité. Elle a également souligné l’importance de l’implication des collectivités territoriales dans la mise en œuvre du programme. La coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations Unies en Haïti, Nicole Boni Kouassi, a pour sa part appelé à un engagement collectif des partenaires internationaux. Elle a plaidé pour un meilleur alignement des interventions des agences des Nations Unies sur les priorités nationales et pour une mobilisation accrue des ressources en appui au gouvernement haïtien.
Après la validation des orientations stratégiques par les ministres concernés, les autorités prévoient de poursuivre les travaux techniques afin de préciser les différents programmes relevant des huit piliers et d’identifier des projets à impact rapide et visible pour la population. La mise en œuvre du PNSREST nécessitera ainsi la mobilisation du gouvernement, du système des Nations Unies, des institutions financières internationales et des autres partenaires techniques et financiers. L’enjeu sera désormais de transformer les orientations retenues en interventions concrètes dans les territoires les plus durement affectés par la crise.

