Les déclarations du représentant de Fanmi Lavalas, Leslie Voltaire, faites au micro de la presse à Jérémie, selon lesquelles le 7 février marquerait la mise en place d’une formule de gouvernance acceptée par au moins 60 % de la classe politique et susceptible de ne pas irriter la communauté internationale, soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.
D’abord, l’annonce intrigue par son caractère imprécis. Aucune indication concrète n’a été fournie quant à la nature de cette formule : s’agira-t-il d’un nouvel exécutif, d’un mécanisme transitoire réaménagé ou d’un simple compromis politique ? En l’absence de détails institutionnels, l’affirmation relève davantage de la déclaration d’intention que d’un projet clairement structuré.
Ensuite, l’argument de l’adhésion de 60 % de la classe politique interroge. Sur quelles bases cette proportion est-elle avancée ? Dans un paysage politique haïtien profondément fragmenté, marqué par des rivalités persistantes et une crise de légitimité des acteurs, ce chiffre apparaît difficilement vérifiable. Il donne l’impression d’une majorité arithmétique invoquée, sans que les forces concernées n’aient été explicitement identifiées.
Par ailleurs, la référence explicite à la non-irritation de la communauté internationale mérite une lecture critique. Si la stabilité diplomatique et l’appui extérieur constituent des paramètres incontournables, leur mise en avant comme critère central de gouvernance révèle une dépendance symbolique persistante. Elle pose la question du lieu réel de la souveraineté décisionnelle : la gouvernance haïtienne se construit-elle d’abord en fonction des attentes internes ou du regard extérieur ? Enfin, ces propos interviennent dans un contexte de fatigue sociale aiguë, où la population attend moins des annonces que des ruptures tangibles : sécurité, services publics, perspectives économiques. Or, aucune articulation n’a été faite entre cette prétendue formule de gouvernance et les urgences concrètes du quotidien.
À ce stade, la déclaration du représentant de Fanmi Lavalas apparaît donc comme un signal politique, destiné autant à rassurer qu’à occuper l’espace médiatique, sans lever le voile sur les véritables contours de l’avenir institutionnel annoncé pour le 7 février. Dans un pays échaudé par les transitions successives et les promesses non tenues, le temps des formules vagues semble pourtant révolu : la crédibilité passe désormais par la clarté, l’inclusivité réelle et la responsabilité politique.
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